Corpus VOCE · 29 juin 2026

Pendant longtemps, les amis imaginaires ont été considérés comme une simple fantaisie de l'enfance.

Pourtant, plusieurs équipes de recherche aux États-Unis, au Royaume-Uni et au Canada s'intéressent aujourd'hui à une hypothèse beaucoup plus surprenante: ces compagnons invisibles pourraient constituer un vé…

VOCE Association04:00Archive canonique
VOCE

Publié le 29 juin 2026 à 04:00 · Publication originale

Pourtant, plusieurs équipes de recherche aux États-Unis, au Royaume-Uni et au Canada s'intéressent aujourd'hui à une hypothèse beaucoup plus surprenante: ces compagnons invisibles pourraient constituer un véritable outil de développement cognitif.

Le sujet reste largement méconnu en Europe.

Entre trois et sept ans, près d'un enfant sur deux créerait un personnage imaginaire plus ou moins élaboré.

Contrairement aux idées reçues, ces enfants ne confondent généralement pas la réalité avec leur imagination.

Ils savent que leur compagnon n'existe pas physiquement.

Mais leur cerveau choisit malgré tout de lui attribuer une personnalité, des émotions, des intentions et parfois même une histoire complète.

Pourquoi consacrer autant d'énergie à quelqu'un qui n'existe pas?

Les chercheurs pensent que ces dialogues invisibles constituent un formidable terrain d'entraînement.

Lorsque l'enfant parle avec son compagnon, il apprend à adopter un autre point de vue, à anticiper des réactions, à résoudre des conflits, à réguler ses émotions et à construire des récits cohérents.

Autrement dit, il exerce discrètement plusieurs fonctions cognitives qui seront essentielles tout au long de sa vie.

Certaines études suggèrent même que ces enfants développent souvent une plus grande richesse narrative, une meilleure flexibilité mentale et parfois une compréhension plus fine des émotions d'autrui.

Le compagnon invisible ne remplacerait donc pas les relations sociales, il servirait plutôt de laboratoire intérieur.

Cette découverte change notre manière de regarder l'imagination.

Nous la considérons souvent comme une échappatoire.

Le cerveau de l'enfant semble au contraire l'utiliser comme un simulateur.

Avant d'affronter le monde réel, il s'entraîne.

Il teste des conversations.

Il répète des émotions.

Il explore des situations qui n'ont pas encore eu lieu.

Peut-être que grandir consiste aussi à dialoguer, pendant quelque temps, avec quelqu'un que personne d'autre ne peut voir.

TAMINO

L'imagination n'est peut-être pas l'opposé du réel. Elle est parfois l'endroit où le cerveau s'y prépare.

Sources 2026

University of Oxford Centre for Research on Play
University of Oregon
Developmental Psychology
Child Development
Cambridge Handbook of Imagination

#PetiteEnfance #DéveloppementDeLEnfant #PsychologieDuDéveloppement #Imagination #Neurosciences #Science #Enfance #Cognition #VOCEAssociation

Faire découvrir cette publication

Partager cette recherche, ses sources et sa version intégrale.

#VOCEAssociation #ChildDevelopment #EducationResearch #HumanBehaviour

LinkedIn Facebook

VOCE Academy

Continuer

← Pendant longtemps, les spécialistes du sommeil ont surtout mesuré une chose.
Lorsque nous parlons de solitude, nous imaginons spontanément une personne isolée. →

Ce texte appartient au corpus pédagogique et éditorial de VOCE Association. Lecture, découverte et citation sont publiques; les droits sur le texte et le corpus restent détenus par VOCE Association, sauf mention contraire. Droits du corpus.