Publié le 3 juillet 2026 à 09:00 · Publication originale
Le sujet peut sembler anodin, pourtant, le prénom agit comme un puissant signal d'orientation de l'attention. À chaque fois qu'il est prononcé, le cerveau interrompt en partie ce qu'il était en train d'explorer pour vérifier si le message lui est destiné.
Chez les très jeunes enfants, ce mécanisme est indispensable.
Mais certains chercheurs se demandent si une sollicitation permanente ne réduit pas progressivement les moments d'exploration autonome.
Un enfant qui joue librement observe les sons, les objets, les mouvements et les interactions autour de lui. Lorsque son prénom revient sans cesse, son attention est régulièrement redirigée vers l'adulte.
Le problème n'est évidemment pas d'appeler un enfant, le problème est de l'interrompre en permanence.
Plusieurs travaux en psychologie du développement montrent que les longues périodes de jeu autonome favorisent l'attention soutenue, la résolution spontanée de problèmes et l'initiative. Chaque interruption oblige le cerveau à changer de cible puis à reconstruire sa concentration.
Aux États-Unis et au Japon, certains spécialistes de la petite enfance recommandent désormais de distinguer les interventions réellement nécessaires des interruptions automatiques. L'objectif n'est pas de parler moins aux enfants, mais de préserver des moments où ils peuvent poursuivre une activité jusqu'à son terme.
En Europe, cette réflexion reste encore peu connue.
Pourtant, une question commence à émerger.
Les jeunes enfants ont-ils davantage besoin qu'on attire constamment leur attention... ou qu'on leur laisse parfois le temps de construire la leur?
PAPAGENO
Grandir, ce n'est pas seulement apprendre à écouter les autres. C'est aussi découvrir ce que l'on entend lorsque plus personne ne nous appelle.
SOURCES 2026
Child Development
Infancy
Harvard Center on the Developing Child
American Psychological Association
National Institute of Child Health and Human Development
#Education #PetiteEnfance #Enfants #Attention #Apprentissage #Parents #Développement #Neurosciences