Publié le 7 juillet 2026 à 05:00 · Publication originale
Les travaux récents montrent qu’une autre voie existe.
Certaines cellules cancéreuses produisent de petits fragments circulaires d’ADN situés en dehors des chromosomes. Ces structures, appelées ADN extrachromosomique ou "ecDNA", ne sont pas présentes dans les cellules normales en quantité significative, mais sont retrouvées dans de nombreux cancers agressifs.
Leur particularité est majeure.
Elles transportent souvent plusieurs copies d’oncogènes, permettant à la cellule tumorale de produire massivement des protéines favorisant sa croissance. Contrairement aux chromosomes, ces fragments sont distribués de manière irrégulière lors des divisions cellulaires.
Deux cellules issues de la même tumeur peuvent ainsi recevoir des quantités très différentes d’ecDNA et évoluer rapidement vers des comportements biologiques distincts.
Le cancer n’évolue plus seulement par mutation, il évolue aussi par redistribution dynamique de matériel génétique.
Cette découverte pourrait expliquer pourquoi certaines tumeurs développent si rapidement une résistance aux traitements ciblés. Même lorsqu'une thérapie élimine la majorité des cellules cancéreuses, quelques cellules porteuses d'importantes quantités d'ecDNA peuvent survivre et devenir progressivement dominantes.
Les chercheurs observent également que ces fragments d’ADN circulaire peuvent être perdus puis réapparaître selon les pressions exercées par les traitements. Cette plasticité confère aux tumeurs une capacité d’adaptation beaucoup plus importante que celle imaginée jusqu’à présent.
Les implications sont considérables.
Le séquençage classique identifie les mutations, mais décrit encore imparfaitement la dynamique de l’ecDNA. Deux patients présentant les mêmes mutations peuvent donc répondre très différemment à un traitement selon la présence ou non de ces structures.
Plusieurs équipes développent désormais des stratégies visant directement la formation, le maintien ou la transmission de l’ADN extrachromosomique.
Le cancer apparaît ainsi de plus en plus comme un système capable de réorganiser en permanence son patrimoine génétique pour survivre.
Comprendre cette plasticité pourrait devenir l'une des clés des traitements anticancéreux de la prochaine décennie.
NORMA e il tempo invisibile
Ce qui semble disparu n'a pas toujours cessé d'exister. La vie, comme la maladie, connaît parfois l'art silencieux de l'attente.
Sources 2026
Nature Genetics
Nature Reviews Cancer
National Cancer Institute
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