Publié le 13 juillet 2026 à 12:00 · Publication originale
Pourtant, cette préparation, utilisée depuis plus de deux mille ans en Ayurveda, est aujourd'hui étudiée avec des outils que ses premiers praticiens n'auraient jamais pu imaginer: la métaprotéomique, le séquençage du microbiote et la biologie moléculaire.
Le Triphala associe trois fruits riches en polyphénols.
Pendant longtemps, les chercheurs se sont surtout intéressés à leurs propriétés antioxydantes.
Aujourd'hui, une autre question les intrigue.
Et si son principal effet ne provenait pas directement de ses composés, mais de leur dialogue avec les milliards de micro-organismes qui vivent dans notre intestin?
Des travaux récents montrent que le microbiote transforme une partie des polyphénols du Triphala en nouvelles molécules biologiquement actives, notamment des urolithines, capables d'interagir avec les cellules intestinales. En parallèle, certaines voies métaboliques bactériennes semblent être modifiées, tandis que plusieurs marqueurs liés à l'inflammation et au stress oxydatif évoluent dans des modèles expérimentaux.
Pourquoi cette découverte est-elle importante?
Parce qu'elle change notre manière de voir les plantes médicinales.
Nous pensions qu'elles agissaient uniquement sur notre organisme.
Les chercheurs découvrent qu'elles peuvent aussi agir avec notre microbiote, qui devient un véritable partenaire biologique dans leur transformation.
En fait, deux personnes prenant la même préparation pourraient ne pas produire exactement les mêmes molécules, car leur microbiote est différent.
Cette idée ouvre une nouvelle voie vers une médecine plus personnalisée.
Ces résultats ne signifient pas que le Triphala traite une maladie, et des essais cliniques supplémentaires sont indispensables, mais ils illustrent une évolution majeure de la recherche: certaines traditions anciennes sont désormais étudiées non plus seulement plante par plante, mais comme des interactions complexes entre végétaux, bactéries et organisme humain.
Peut-être que les remèdes du futur ne consisteront pas uniquement à choisir la bonne molécule, ils consisteront aussi à comprendre avec quels milliards d'alliés invisibles cette molécule va dialoguer.
ASHVINI
Une plante ne voyage jamais seule dans le corps. Elle rencontre d'abord le peuple invisible qui y habite.
Sources 2026
Journal of Agriculture and Food Research
Food Bioscience
National Institute of Ayurveda
Fitoterapia
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