Publié le 15 juillet 2026 à 21:00 · Publication originale
Courir plus vite.
Nager plus loin.
Soulever plus lourd.
Pourtant, plusieurs chercheurs en psychologie du mouvement s'intéressent aujourd'hui à un plaisir beaucoup plus discret: celui des gestes qui n'ont aucun objectif à atteindre.
Balancer doucement une jambe.
Faire tourner une tasse entre ses mains.
Tracer des cercles sur une table avec un doigt.
Marcher sans destination.
Lancer un galet sur l'eau.
Ces mouvements paraissent insignifiants.
Ils n'améliorent aucun classement, ils ne produisent aucune récompense extérieure et pourtant, ils procurent souvent une sensation de calme presque immédiate.
Les psychologues observent que le cerveau ne recherche pas uniquement des actions efficaces, il apprécie aussi les mouvements dont il connaît déjà parfaitement l'issue.
Aucune comparaison.
Aucune évaluation.
Aucun risque d'échec.
Le geste existe simplement pour le plaisir d'être accompli.
Les chercheurs pensent que ces micro-mouvements permettent de diminuer la pression liée à la performance permanente qui caractérise de nombreuses journées modernes.
Ils redonnent au corps une fonction oubliée: bouger sans devoir prouver quoi que ce soit.
Nous croyons que le bien-être naît lorsque nous atteignons un objectif.
Le cerveau découvre parfois un plaisir plus profond lorsque, pendant quelques secondes, il cesse précisément d'en poursuivre un.
Le neurohédonisme ne consiste donc pas seulement à rechercher des expériences agréables, il consiste aussi à retrouver des gestes qui n'ont pas besoin d'être utiles pour avoir de la valeur.
CHÉRUBIN
Le corps respire parfois mieux lorsque chacun de ses mouvements cesse enfin de vouloir convaincre.
Sources 2026
American Psychological Association
National Institutes of Health
Recherches en psychologie du mouvement, cognition incarnée et régulation émotionnelle
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