Corpus VOCE · 21 juillet 2026

Pendant des siècles, les peuples San et Khoï d'Afrique australe mâchaient une petite plante avant les longues marches, les négociations ou les périodes de forte tension.

Son nom est "Sceletium tortuosum", plus connu sous le nom de "Kanna".

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Publié le 21 juillet 2026 à 15:00 · Publication originale

Son nom est "Sceletium tortuosum", plus connu sous le nom de "Kanna".

Longtemps considérée comme une simple plante traditionnelle, elle est aujourd'hui étudiée dans plusieurs laboratoires de neurosciences en Afrique du Sud, au Royaume-Uni et aux États-Unis.

Pourquoi un tel intérêt?

Parce que ses alcaloïdes, notamment la "mesembrine", semblent agir sur plusieurs mécanismes cérébraux impliqués dans la réponse au stress.

Les chercheurs ont montré que ces molécules modulent le transporteur de la sérotonine \(SERT\) tout en inhibant une enzyme appelée "phosphodiestérase-4 \(PDE4\)", impliquée dans la communication entre les neurones et certains processus inflammatoires.

Mais ce sont surtout les études d'imagerie cérébrale qui surprennent. Chez certains volontaires, les IRM fonctionnelles montrent une diminution de la réactivité de l'amygdale, la région du cerveau qui détecte les menaces et déclenche les réponses émotionnelles, ainsi qu'une modification des connexions avec le cortex préfrontal, impliqué dans la régulation des émotions.

En fait, le cerveau ne devient pas moins vigilant, il semble simplement répondre différemment à certains stimuli stressants.

Les chercheurs restent prudents. Ces travaux sont encore en cours et ne permettent pas de conclure à une utilisation thérapeutique généralisée. Les doses, les formulations et les indications doivent encore être précisées par des essais cliniques de plus grande ampleur.

Cette plante rappelle toutefois une réalité fascinante. Pendant des milliers d'années, certaines populations ont observé les effets subtils de leur environnement sur le cerveau, bien avant l'apparition des IRM, de la neurochimie ou de la pharmacologie moderne.

Aujourd'hui, ces connaissances rencontrent les outils des neurosciences.

Pour le lecteur, cette histoire montre que la biodiversité africaine ne constitue pas seulement une réserve de molécules contre les maladies infectieuses. Elle pourrait aussi aider les scientifiques à mieux comprendre comment le cerveau humain régule le stress, l'anxiété et la résilience.

AIDA nous rappelle que certaines médecines anciennes ne demandaient pas au cerveau de lutter davantage contre le monde. Elles lui apprenaient peut-être simplement une autre manière de l'habiter.

Sources 2026

Journal of Ethnopharmacology
Frontiers in Pharmacology
Journal of Psychopharmacology
South African Journal of Botany

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