Corpus VOCE · 24 juillet 2026

Longtemps, les neurosciences ont étudié chaque élément du neurone séparément. Les mitochondries produisent l'énergie. Le réticulum endoplasmique fabrique les protéines et régule le calcium. Pourtant, plusieurs équipes internationales pensent aujourd'hui que l'un des premiers événements de la maladie d'Alzheimer pourrait se produire... à l'endroit où ces deux structures se rencontrent.

Ces zones microscopiques sont appelées Mitochondria-Associated Membranes, ou MAMs.

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Publié le 24 juillet 2026 à 12:00 · Publication originale

Ces zones microscopiques sont appelées Mitochondria-Associated Membranes, ou MAMs.

Elles sont si petites qu'elles sont invisibles au microscope optique, mais elles jouent un rôle essentiel. Elles permettent le transfert du calcium, des lipides et de nombreux signaux indispensables au fonctionnement des neurones.

Les MAMs sont de véritables plateformes de coordination.

Si ces échanges deviennent excessifs ou insuffisants, la cellule produit moins d'énergie, gère moins bien son stress et recycle plus difficilement ses composants endommagés.

Depuis quelques années, plusieurs études suggèrent que ces anomalies apparaissent avant une partie des lésions caractéristiques d'Alzheimer.

La maladie ne résulterait pas uniquement de protéines anormales ou d'un manque d'énergie, elle pourrait aussi commencer par une rupture de communication entre deux organites qui doivent fonctionner en parfaite synchronisation.

Deux machines parfaitement opérationnelles cessent d'être efficaces si leur interface de communication devient défaillante. Le cerveau pourrait suivre la même logique.

Des chercheurs de la Columbia University, de la Perelman School of Medicine, du Buck Institute for Research on Aging et du National Institute on Aging explorent aujourd'hui ces interfaces cellulaires afin d'identifier de nouveaux biomarqueurs et de futures cibles thérapeutiques.

Aucun traitement ne cible encore directement les MAMs en pratique clinique, mais plusieurs programmes cherchent à restaurer leur fonctionnement avant que les neurones n'entrent dans un processus irréversible de dégénérescence.

Et si l'une des prochaines avancées contre Alzheimer ne consistait pas à réparer les cellules... mais à restaurer le dialogue silencieux entre leurs organites?

SIEGFRIED

Les plus grandes forces naissent souvent de liens invisibles. Lorsqu'ils se rompent, même les géants vacillent.

Sources 2026

Nature Reviews Neuroscience

Nature Reviews Molecular Cell Biology

National Institute on Aging

Buck Institute for Research on Aging

Columbia University

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