Corpus VOCE · 25 juillet 2026

À Toulouse, des personnes en parfaite santé acceptent de ne plus se lever pendant soixante jours. Elles mangent, se lavent et réalisent leurs examens allongées sur un lit incliné de six degrés, la tête légèrement plus basse que les pieds.

Le lieu ne ressemble pourtant pas à un décor de science-fiction. L’expérience se déroule au MEDES, l’Institut de médecine et de physiologie spatiales, dans une clinique de 1.000 m² installée au sein du CHU d…

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Publié le 25 juillet 2026 à 12:00 · Publication originale

Le lieu ne ressemble pourtant pas à un décor de science-fiction. L’expérience se déroule au MEDES, l’Institut de médecine et de physiologie spatiales, dans une clinique de 1.000 m² installée au sein du CHU de Toulouse.

Cette position reproduit certains effets de l’apesanteur. Le sang remonte vers la tête, les muscles cessent de supporter le poids du corps, les os sont moins sollicités et le système cardiovasculaire doit se réorganiser.

En quelques semaines, le corps commence à perdre une partie de ses capacités. C’est précisément ce que les chercheurs veulent observer.

Lors de l’étude BRACE, commandée par le CNES et l’Agence spatiale européenne, douze volontaires ont passé soixante jours au lit. Certains pédalaient allongés. D’autres étaient installés sur une centrifugeuse qui repoussait leur sang vers les jambes afin de créer une forme de gravité artificielle.

L’objectif est de protéger les astronautes pendant les futures missions lunaires ou martiennes.

Mais Toulouse étudie également quelque chose qui concerne directement des millions de personnes sur Terre. L’immobilité prolongée provoque des phénomènes proches de ceux observés lors du vieillissement, d’une hospitalisation longue ou d’une maladie chronique: fonte musculaire, perte osseuse, baisse de l’endurance et difficulté à retrouver une station debout normale.

Tester l’exercice, la nutrition ou la gravité artificielle dans cet environnement permet donc d’identifier plus rapidement les stratégies capables de limiter ces détériorations. Les résultats peuvent ensuite nourrir la recherche sur la sarcopénie, l’ostéoporose et la rééducation des patients alités.

La prochaine fois qu’une personne âgée retrouvera plus vite sa mobilité après une hospitalisation, une partie de son protocole pourrait provenir d’une expérience initialement imaginée pour Mars.

À Toulouse, l’espace ne sert donc pas uniquement à quitter la Terre, il permet de comprendre ce qui arrive au corps lorsqu’il ne peut plus pleinement y prendre appui.

ORFEO

Certains voyages nous conduisent très loin. D’autres nous apprennent à nous relever.

Sources 2026

MEDES, Institut de médecine et de physiologie spatiales

CNES, CADMOS

European Space Agency, étude BRACE

Toulouse University Hospital

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