Publié le 28 juillet 2026 à 17:00 · Publication originale
Ces virus portent un nom encore méconnu du grand public: les bactériophages. Ils constituent le phagome, une composante essentielle du microbiote que les chercheurs considèrent aujourd'hui comme l'une des frontières les plus prometteuses de la microbiologie.
Pendant des décennies, les scientifiques ont concentré leurs travaux sur les bactéries intestinales. Ils découvrent désormais que les bactériophages jouent un rôle tout aussi fondamental.
Leur première mission consiste à réguler les populations bactériennes.
Lorsqu'une espèce prolifère de manière excessive, les bactériophages capables de l'infecter se multiplient également. Cette régulation limite naturellement certains déséquilibres sans perturber l'ensemble de l'écosystème, contrairement à un antibiotique qui élimine de nombreuses espèces sans distinction.
Mais leur rôle ne s'arrête pas là. Les bactériophages transportent parfois des fragments d'ADN d'une bactérie à une autre. Ce phénomène, appelé transduction, accélère l'évolution du microbiote en permettant le transfert de fonctions biologiques nouvelles, notamment celles impliquées dans le métabolisme, la résistance aux agressions ou l'adaptation à l'environnement intestinal.
Autrement dit, ces virus ne se contentent pas d'éliminer certaines bactéries, ils participent aussi à l'organisation et à l'évolution permanente de toute la communauté microbienne.
Plusieurs centres hospitaliers développent des phagothérapies destinées à traiter des infections causées par des bactéries multirésistantes aux antibiotiques. Contrairement aux traitements conventionnels, les bactériophages peuvent cibler une seule espèce bactérienne tout en préservant le reste du microbiote.
Les chercheurs explorent également leur potentiel dans les maladies inflammatoires chroniques de l'intestin, certaines maladies métaboliques et même les troubles neuropsychiatriques associés aux déséquilibres du microbiote.
Nous pensions que notre santé dépendait essentiellement des bactéries intestinales, la science révèle aujourd'hui qu'elle repose aussi sur les virus qui les régulent.
Ainsi, les plus précieux gardiens de notre équilibre biologique ne sont ni humains, ni visibles, mais des milliards de virus qui travaillent silencieusement au cœur de notre intestin.
BORIS
La nature ne cherche pas à éliminer le désordre. Elle crée sans cesse des équilibres plus subtils.
SOURCES 2026
Nature Reviews Microbiology
Nature Microbiology
Cell Host & Microbe
The ISME Journal
Nature Reviews Gastroenterology & Hepatology
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