Corpus VOCE · 30 juillet 2026

Le bois a été choisi pour sa solidité, son esthétique ou son faible impact carbone. Les microbiologistes lui découvrent aujourd'hui une autre propriété, beaucoup plus discrète: il influence les communautés de micro-organismes qui colonisent un bâtiment. Autrement dit, le choix d'un matériau peut modifier le microbiome d'une maison, avec des conséquences potentielles sur la qualité de l'air et la santé de ses occupants.

Contrairement aux surfaces plastifiées ou aux revêtements totalement étanches, le bois massif échange naturellement l'humidité avec son environnement. Cette capacité limite les épisodes de condensation, prin…

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Publié le 30 juillet 2026 à 10:00 · Publication originale

Contrairement aux surfaces plastifiées ou aux revêtements totalement étanches, le bois massif échange naturellement l'humidité avec son environnement. Cette capacité limite les épisodes de condensation, principal facteur favorisant les moisissures pathogènes. Plusieurs équipes du Fraunhofer Institute for Building Physics, de l'Université de Graz et de l'Université d'Oulu montrent également que certaines essences libèrent des composés organiques naturels capables d'influencer la composition bactérienne des surfaces intérieures.

Les industriels s'intéressent désormais à cette dimension biologique. Le groupe autrichien KLH Massivholz développe des bâtiments en panneaux de bois lamellé-croisé où les surfaces restent largement apparentes afin de conserver leurs propriétés hygroscopiques. Binderholz poursuit la même approche pour les logements collectifs, tandis que Stora Enso et Metsä Wood multiplient les programmes de construction en bois massif en Europe du Nord, où la qualité sanitaire des bâtiments devient un critère aussi important que leur performance énergétique.

Les chercheurs ne parlent plus uniquement de matériaux biosourcés. Ils évoquent désormais des matériaux bioactifs, capables d'interagir avec leur environnement microbiologique. L'objectif n'est pas d'éliminer toutes les bactéries. Une maison totalement stérile serait impossible à maintenir et probablement peu favorable à notre système immunitaire. L'enjeu consiste à favoriser un écosystème stable, diversifié et peu propice aux espèces opportunistes responsables d'allergies ou de dégradations.

Cette approche pourrait transformer la construction des prochaines décennies. Après les bâtiments à énergie positive, les architectes imaginent déjà des bâtiments capables d'entretenir un microbiome plus équilibré grâce au choix des matériaux, de la ventilation et de la gestion de l'humidité. La santé d'une maison ne dépendrait donc plus seulement de ce que l'on voit, mais aussi des milliards d'organismes invisibles qui vivent silencieusement sur ses murs.

SALOMÉ

Les matériaux bâtissent des murs. Ils construisent aussi une vie invisible.

Sources 2026

Fraunhofer Institute for Building Physics
University of Graz
University of Oulu
Stora Enso
KLH Massivholz
Binderholz
Metsä Wood

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