Publié le 6 août 2026 à 05:00 · Publication originale
Cette évolution n'est plus observée uniquement chez des patients atteints de sclérose en plaques. Les équipes du Mayo Clinic, du Cleveland Clinic et de University College London utilisent désormais des techniques d'IRM quantitative capables de mesurer, in vivo, la qualité de la substance blanche. Les premiers résultats montrent qu'une altération diffuse de la myéline précède parfois de plusieurs années le ralentissement cognitif. La mémoire reste intacte, mais la vitesse de traitement de l'information, la flexibilité mentale et les fonctions exécutives commencent déjà à décliner.
Cette observation a profondément modifié les stratégies thérapeutiques. Plusieurs essais cliniques ne cherchent plus seulement à limiter l'inflammation, mais à stimuler directement les précurseurs d'oligodendrocytes, les cellules responsables de la fabrication de la myéline. La clemastine fumarate est devenue l'une des molécules les plus étudiées après avoir montré, dans des essais de phase II, une accélération de la conduction nerveuse compatible avec un phénomène de remyélinisation. D'autres candidats, comme PIPE-307 ou les inhibiteurs de LINGO-1, poursuivent un objectif similaire par des mécanismes biologiques différents. En parallèle, la metformine est évaluée pour sa capacité à restaurer le potentiel régénératif des cellules progénitrices vieillissantes.
L'enjeu dépasse largement la sclérose en plaques. Si la remyélinisation pouvait être entretenue tout au long de la vie, le vieillissement cérébral serait surtout considéré comme une diminution progressive de la qualité des réseaux qui les relient. Les neurosciences passent ainsi d'une logique de neuroprotection à une logique de maintenance des infrastructures cérébrales, un changement comparable à celui qu'a connu la cardiologie lorsqu'elle est passée du traitement de l'infarctus à sa prévention.
Aujourd'hui, votre cerveau vous dira merci si vous...
Entretenez simultanément votre condition cardiovasculaire et vos capacités d'apprentissage. La remyélinisation dépend autant de la perfusion cérébrale que de la stimulation régulière des circuits neuronaux.
ATLANTE
La puissance d'un cerveau dépend aussi de la vitesse avec laquelle ses idées peuvent encore se rejoindre.
Sources 2026
Nature Reviews Neurology
The Lancet Neurology
Mayo Clinic
Cleveland Clinic
University College London
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