Publié le 7 août 2026 à 21:00 · Publication originale
Nous savons bien qu'un arbre ne reconnaît pas les personnes comme le ferait un ami. Et pourtant, quelque chose en nous résiste à cette évidence. Peut-être parce que certains lieux demeurent exactement là où nous les avons laissés. Ils n'ont rien attendu de nous, is ont simplement continué à pousser, à traverser les saisons, à offrir de l'ombre en été et des feuilles en automne. Leur fidélité ne dépend d'aucune mémoire. Elle dépend seulement de leur manière d'être au monde.
Il y a une paix immense dans cette idée. Nous passons notre vie à craindre de ne plus être reconnus, de devenir des étrangers pour les lieux que nous avons aimés. Les arbres répondent autrement. Ils ne se souviennent pas de notre visage, ils nous offrent la même présence qu'hier, sans nous demander où nous étions passés. Ils ne célèbrent pas notre retour. Ils rendent simplement possible le sentiment d'être revenu.
Peut-être est-ce cela que l'on ressent en quittant un vieux jardin. Non pas la nostalgie du temps perdu, mais le réconfort de découvrir qu'il existe encore des présences qui ne nous demandent jamais d'expliquer notre absence. Elles nous accueillent comme si nous étions partis la veille.
SIGFRIDO
Les plus belles fidélités ne se souviennent pas de nous. Elles continuent simplement d'être là lorsque nous revenons.
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