Publié le 9 août 2026 à 12:00 · Publication originale
C'est dans ce contexte que l'e-méthanol s'impose progressivement comme l'une des technologies les plus prometteuses. Contrairement au méthanol conventionnel, fabriqué à partir de gaz naturel, l'e-méthanol est produit en combinant de l'hydrogène obtenu par électrolyse de l'eau avec du dioxyde de carbone capté dans l'industrie ou directement dans l'atmosphère. Le résultat est un carburant liquide pouvant être stocké, transporté et distribué avec des infrastructures proches de celles déjà utilisées par le secteur maritime.
La révolution est déjà en cours. Le groupe danois A.P. Moller-Maersk a commandé plusieurs dizaines de porte-conteneurs capables de fonctionner au méthanol, tandis que European Energy, Mitsui, Siemens Energy et d'autres industriels investissent dans des unités de production à grande échelle. En Chine, plusieurs projets industriels visent également à produire des centaines de milliers de tonnes d'e-méthanol par an afin d'alimenter les futures flottes commerciales. L'objectif n'est plus de démontrer que cette technologie fonctionne, mais de produire suffisamment de carburant pour répondre à la demande mondiale.
Pour l'Europe, l'enjeu est stratégique. Les nouvelles réglementations "FuelEU Maritime" imposent une réduction progressive de l'intensité carbone des carburants utilisés par les navires faisant escale dans les ports européens. Les ports capables de produire ou d'importer de grandes quantités d'e-méthanol pourraient devenir les nouvelles plateformes énergétiques du commerce mondial. Derrière cette évolution se joue aussi une compétition industrielle entre l'Europe, la Chine, les États-Unis et les pays du Golfe, chacun cherchant à devenir le principal fournisseur des carburants maritimes de demain.
Pendant deux siècles, les ports se sont développés autour du charbon, puis du pétrole. Demain, leur compétitivité dépendra peut-être de leur capacité à fabriquer des molécules de synthèse à partir d'électricité renouvelable, d'eau et de carbone recyclé.
Le carburant qui propulsera les plus grands navires du monde ne sortira peut-être plus d'un puits de pétrole. Il pourrait être fabriqué dans une usine alimentée par le vent et le soleil.
LE HOLLANDAIS VOLANT
Les grandes routes du commerce changent rarement seules. Elles changent lorsque l'énergie qui les alimente change avec elles.
Sources 2026
A.P. Moller-Maersk
European Energy
Siemens Energy
Methanol Institute
FuelEU Maritime
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