Publié le 9 août 2026 à 15:00 · Publication originale
Le mycocomposite est constitué de mycélium, le réseau de filaments qui forme la véritable structure des champignons. Lorsqu'il se développe à travers des résidus agricoles comme la paille, les tiges de chanvre ou les coques de céréales, il agit comme une colle naturelle. En quelques jours, il soude les fibres entre elles pour créer un bloc rigide. La croissance est ensuite stoppée par séchage thermique, donnant naissance à un matériau léger, biodégradable et naturellement isolant.
Son intérêt dépasse largement son faible impact environnemental. Le mycélium absorbe efficacement les vibrations, amortit le bruit, résiste étonnamment bien au feu grâce à sa couche carbonisée protectrice et nécessite très peu d'énergie pour être produit. Son bilan carbone est même parfois négatif lorsque les résidus végétaux utilisés auraient autrement été brûlés ou décomposés.
Aux États-Unis, Ecovative est devenue la référence mondiale en développant des panneaux, emballages et éléments de construction à base de mycélium. En Italie, Mogu fabrique déjà des revêtements acoustiques et des panneaux architecturaux destinés aux bâtiments tertiaires. Aux Pays-Bas, le studio The Living expérimente des structures intégrant le mycélium dans des projets d'architecture circulaire, tandis que plusieurs équipes de l'Université de Delft travaillent sur des applications à plus grande échelle.
Le principal défi reste la résistance mécanique. Le mycocomposite ne remplacera pas demain les poutres en béton ou en acier d'un gratte-ciel. En revanche, il pourrait rapidement transformer les cloisons intérieures, les faux plafonds, les panneaux acoustiques, les isolants et les éléments temporaires des bâtiments, secteurs où des millions de tonnes de matériaux pétrosourcés sont encore utilisées chaque année.
Pour les particuliers, le premier réflexe consiste à rechercher des panneaux acoustiques ou des éléments décoratifs certifiés à base de mycélium plutôt que des mousses synthétiques. Les maîtres d'ouvrage peuvent également intégrer ce critère dans leurs appels d'offres pour réduire l'empreinte carbone d'un projet sans modifier sa structure.
VULCANO
Les plus grandes révolutions commencent parfois lorsqu'on cesse de fabriquer pour apprendre à laisser grandir.
Sources 2026
Ecovative
Mogu
Delft University of Technology
The Living
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