Publié le 12 août 2026 à 12:00 · Publication originale
À l'University de Hong Kong, l'équipe du métallurgiste Mingxin Huang développe une alternative étonnante, baptisée SS-H₂. Cet acier inoxydable résiste dans des conditions électrochimiques où les alliages conventionnels se dégradent. Son secret repose sur une "double passivation". À la couche protectrice classique d'oxyde de chrome vient s'ajouter, lorsque le potentiel augmente, une seconde barrière riche en manganèse. Ensemble, elles protègent l'acier jusqu'à environ 1.700mV, au-delà des quelque 1.600mV nécessaires à l'oxydation de l'eau.
Les chercheurs ont d'abord pensé que leurs résultats étaient faux. En métallurgie, le manganèse était plutôt réputé détériorer la résistance à la corrosion de l'acier inoxydable. Il devenait ici une partie de la solution. Il leur aura fallu près de six ans pour comprendre suffisamment le phénomène à l'échelle atomique.
L'intérêt industriel est considérable. Selon l'équipe, dans un système d'électrolyse PEM de 10MW, les composants structurels peuvent représenter jusqu'à 53% du coût. Remplacer certains éléments en titane par du SS-H₂ pourrait réduire d'environ 40 fois le coût des matériaux structurels concernés.
Nous ne sommes plus seulement devant un échantillon de laboratoire. Des tonnes de fil à base de SS-H₂ ont déjà été produites avec une usine en Chine continentale. Il reste à démontrer sa durabilité dans des électrolyseurs commerciaux et à fabriquer efficacement mousses et mailles métalliques.
La révolution de l'hydrogène pourrait dépendre moins d'une nouvelle source d'énergie que d'un acier capable de survivre là où les autres se dissolvent.
HEPHAÏSTOS
Une civilisation change parfois d'énergie lorsqu'elle apprend d'abord à fabriquer le matériau capable de la contenir.
Sources 2026
University of Hong Kong
Materials Today
Mingxin Huang
Kaiping Yu
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