Publié le 14 août 2026 à 14:00 · Publication originale
Dans une expérience contrôlée, des adultes âgés ont reçu soit un extrait de myrtilles sauvages, soit un placebo. Six heures plus tard, précisément au moment du creux post-déjeuner, ceux ayant reçu 222 mg d'extrait répondaient plus rapidement lors d'une tâche sollicitant les fonctions exécutives. Le plus intrigant n'était pas une spectaculaire augmentation des capacités, mais leur maintien: tandis que le groupe placebo ralentissait, l'autre résistait davantage à la baisse.
Les suspects sont les anthocyanes, pigments responsables du bleu profond du fruit. Après digestion, leurs métabolites circulent dans le sang et pourraient agir sur la fonction vasculaire, le stress oxydatif et différentes voies de signalisation cellulaire. Mais le mécanisme reste loin d'être élucidé.
Une autre expérience donne à l'histoire une dimension presque cinématographique. Pendant six mois, des personnes âgées présentant un léger déclin cognitif ont consommé quotidiennement de la poudre de myrtilles sauvages ou un placebo. Les chercheurs n'ont pas seulement mesuré leurs réponses sur un écran: ils ont enregistré l'activité électrique de leur cerveau. La vitesse de traitement de l'information s'est améliorée dans le groupe myrtille jusqu'à rejoindre celle d'un groupe de référence sans trouble cognitif. L'effet était particulièrement visible entre 75 et 80 ans.
Mais voici le détail qui empêche de transformer l'expérience en publicité pour superaliment. Une méta-analyse publiée en 2026, réunissant 14 essais randomisés et 632 participants sains, confirme un bénéfice vasculaire, mais ne retrouve pas d'amélioration cognitive globale significative.
C'est précisément ce qui rend la myrtille intéressante pour les neurosciences. Elle ne semble pas rendre le cerveau "plus intelligent". Elle pourrait plutôt l'aider, dans certaines situations et chez certaines populations, à perdre moins vite ses performances.
Parfois, protéger une capacité ne signifie pas l'augmenter. Cela signifie empêcher le temps de l'emporter trop rapidement.
ROSSINI
Le véritable prodige n'est peut-être pas d'aller plus vite, mais de ralentir moins.
Sources 2024-2026
European Journal of Nutrition
Nutritional Neuroscience
Nutrition Research
PubMed
#Neurosciences #Cerveau #Myrtilles #Anthocyanes #Mémoire #Cognition #Vieillissement #Neuroplasticité #Recherche #VOCEassociation