Corpus VOCE · 15 août 2026

Une puce moderne peut contenir plus de 100 milliards de transistors. Pourtant, il suffirait d'en modifier une fraction infime pour lui donner une fonction que son propriétaire ignore.

Les chercheurs appellent cela un "hardware trojan".

VOCE Association07:00Archive canonique
VOCE

Publié le 15 août 2026 à 07:00 · Publication originale

Les chercheurs appellent cela un "hardware trojan".

Contrairement à un virus, ce cheval de Troie n'est pas installé après fabrication. Il peut être introduit directement dans la logique du circuit, dans un bloc technologique réutilisé ou durant certaines étapes de conception. Une fois gravé dans le silicium, impossible de simplement le désinstaller.

Un trojan expérimental peut rester silencieux pendant des milliards d'opérations et ne s'activer qu'après une combinaison extrêmement rare: une séquence d'instructions, l'état précis de plusieurs registres ou une condition électrique particulière.

Les tests classiques peuvent alors ne rien détecter.

En 2016, des chercheurs de la New York University ont présenté "A2", un circuit malveillant minuscule conçu pour accumuler progressivement une charge avant de déclencher son action. Son principe était précisément de rendre l'événement d'activation extraordinairement rare et donc difficile à rencontrer pendant les vérifications ordinaires.

Une fois actif, un trojan peut théoriquement modifier un calcul, perturber une fonction de sécurité ou contribuer à révéler des informations. Et une fuite ne doit pas nécessairement passer par Internet. Les chercheurs étudient aussi les variations de consommation électrique, le temps d'exécution ou les émissions électromagnétiques produites par les circuits.

Le problème devient géopolitique car presque aucune puce avancée n'est entièrement réalisée au même endroit.

Elle peut être conçue aux États-Unis, intégrer des technologies provenant de plusieurs fournisseurs, être vérifiée avec des logiciels spécialisés, gravée chez TSMC à Taïwan ou Samsung en Corée du Sud, puis assemblée ailleurs en Asie.

Chaque étape crée une nouvelle frontière de confiance. Pour détecter ces anomalies, les laboratoires explorent désormais la vérification formelle, l'analyse électrique, les rayons X et même l'imagerie physique du silicium.

Nous pensions que la cybersécurité consistait à empêcher quelqu'un d'entrer dans l'ordinateur.

Le scénario le plus troublant est différent. Et si quelque chose l'attendait déjà à l'intérieur?

MEFISTOFELE

Le secret le plus difficile à découvrir est parfois celui qui a été construit avec la machine.

Sources 2026

IEEE Hardware Security
NIST
NYU Tandon School of Engineering
ENISA

#Cybersécurité #HardwareTrojan #SemiConducteurs #HardwareSecurity #CyberDéfense #VOCEAssociation

Faire découvrir cette publication

Partager cette recherche, ses sources et sa version intégrale.

#VOCEAssociation #Opera #MusicHistory #CulturalHeritage

LinkedIn Facebook

VOCE Academy

Continuer

← Dans la savane, un éléphant peut soudain s'immobiliser. Il ne regarde rien de particulier. Ses immenses oreilles semblent calmes. Pourtant, quelque chose vient peut-être de lui parvenir depuis plusieurs kilomètres.
Regardez le bout de votre index. Ces minuscules crêtes forment un dessin qui apparaît avant même votre naissance. Nous les associons aux passeports, aux scènes de crime et aux smartphones. Pourtant, leur histoire biologique est beaucoup plus fascinante. →

Ce texte appartient au corpus pédagogique et éditorial de VOCE Association. Lecture, découverte et citation sont publiques; les droits sur le texte et le corpus restent détenus par VOCE Association, sauf mention contraire. Droits du corpus.