Corpus VOCE · 26 août 2026

Un carré de peau humaine de la taille d'une gomme porte en moyenne environ un million de bactéries.

C'est avec ce problème très terrestre que la NASA prépare son retour sur la Lune. On peut stériliser un robot. Certains équipements supportent chaleur, produits chimiques ou rayonnements éliminant les microb…

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Publié le 26 août 2026 à 12:00 · Publication originale

C'est avec ce problème très terrestre que la NASA prépare son retour sur la Lune. On peut stériliser un robot. Certains équipements supportent chaleur, produits chimiques ou rayonnements éliminant les microbes. Un astronaute restera un écosystème ambulant.

Le 19 août 2026, Prabal Saxena et ses collègues du Goddard Space Flight Center publient dans Science Advances une étude sur trois régions du pôle Sud lunaire: Nobile Rim, Connecting Ridge et De Gerlache Rim.

Là, le Soleil reste très bas sur l'horizon. Une petite irrégularité du terrain peut produire une longue ombre. Près d'une zone bombardée d'ultraviolets apparaissent des refuges froids et sombres, parfois grands comme un cratère, parfois comme une empreinte de botte.

Les chercheurs ont utilisé les cartes du Lunar Reconnaissance Orbiter pour reconstituer température et ensoleillement, puis testé la résistance de microbes susceptibles de voyager avec les humains.

Parmi eux, Aspergillus niger.

Ce champignon commun pousse sur des murs humides ou des aliments. Il a aussi été retrouvé dans la Station spatiale internationale. Ses spores résistent remarquablement au dessèchement et aux ultraviolets.

Dans les simulations, certaines zones lunaires pourraient permettre à des microbes terrestres de rester viables plusieurs jours. Aspergillus niger figure parmi les plus résistants. Cela ne signifie pas qu'il colonisera la Lune: sans eau liquide, survivre et se reproduire restent deux choses différentes.

C'est précisément ce qui intéresse la NASA.

Les astronautes chercheront au pôle Sud de la glace et une chimie conservée depuis des milliards d'années. Mais ils arriveront avec leur peau, leur respiration, leurs vêtements et leur microbiome. Pour étudier un environnement presque intact, il faudra mesurer la perturbation produite par leur présence.

Sur Mars, l'enjeu sera encore plus sérieux. Confondre un microbe terrestre avec une forme de vie locale serait l'une des erreurs scientifiques les plus extraordinaires de notre histoire.

Après soixante ans passés à apprendre comment atteindre d'autres mondes, l'exploration rencontre un autre problème: comment y arriver sans brouiller ce que nous venions chercher?

Sur Terre, une empreinte signifie que quelqu'un est passé.

Sur la Lune, elle pourrait devenir un petit écosystème importé.

SELENE

Comprendre un monde commence parfois par mesurer la trace que notre présence y dépose.

Sources

Science Advances
NASA Goddard Space Flight Center
Lunar Reconnaissance Orbiter
Prabal Saxena et al. • 19 août 2026

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