Corpus VOCE · 28 août 2026

Marseille, 2026. Paul Kobliska, Lou Seropian, Yannick Becker, Yves Cazals et Christophe Lopez placent des volontaires dans différentes positions. Puis ils utilisent de courtes stimulations acoustiques pour solliciter leur système vestibulaire tandis qu'un électroencéphalogramme enregistre l'activité cérébrale.

Ils cherchent à comprendre comment le cerveau traite une information très particulière: la direction de la gravité.

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Publié le 28 août 2026 à 11:00 · Publication originale

Ils cherchent à comprendre comment le cerveau traite une information très particulière: la direction de la gravité.

Nous possédons pour cela deux organes minuscules dans chaque oreille interne, l'utricule et le saccule. Leur surface contient des cellules ciliées recouvertes d'une membrane sur laquelle reposent des milliers de petits cristaux de carbonate de calcium: les otoconies.

Inclinez la tête et leur poids déplace légèrement cette membrane. Les cellules se courbent. Un signal nerveux part vers le cerveau.

C'est ainsi que nous savons où se trouve le bas, même les yeux fermés.

L'équipe marseillaise observe que la réponse cérébrale aux signaux vestibulaires varie selon l'orientation du corps par rapport à la gravité. Le cerveau ne traite donc pas seulement l'accélération de la tête. Il dispose aussi d'une référence gravitationnelle.

Ce système est appelé graviception.

En 2026, Tess Bonnard, Anoa Morello, Emilie Doat, Jean-René Cazalets, Dominique Guehl, Etienne Guillaud et leurs collègues l'ont testé dans une situation impossible à reproduire au laboratoire: un vol parabolique.

Vingt-trois participants passent successivement par des phases de gravité terrestre, d'hypergravité et de microgravité. Les chercheurs enregistrent dans trois muscles les réflexes déclenchés par les otolithes.

Même lorsque le poids du corps disparaît presque entièrement, plusieurs réponses vestibulaires restent remarquablement stables. Pour certaines réponses oculaires, la microgravité ne produit qu'un retard d'environ une milliseconde.

L'enjeu dépasse les astronautes. La graviception participe au maintien de la posture, à la stabilisation du regard et à notre capacité à déterminer la verticale. Lorsqu'elle se dérègle, un sol parfaitement immobile peut sembler incliné ou le corps donner l'impression de basculer.

Elle intervient donc directement dans les vertiges, les troubles vestibulaires et le risque de chute, particulièrement important avec l'âge.

Il existe une expérience très simple pour prendre conscience de ce système.

Fermez les yeux.

Inclinez lentement la tête.

Vous ne voyez plus l'horizon.

Vous savez pourtant encore parfaitement où se trouve le sol.

Deux petites masses de cristaux viennent de vous le dire.

ULISSE

Nous regardons l'horizon pour nous orienter, alors que le corps possède déjà sa propre verticale.

Sources 2026

Journal of Neurophysiology, Kobliska et al.

npj Microgravity, Bonnard et al.

eNeuro

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