Corpus VOCE · 16 septembre 2026

Jinan, Chine.

Entre 2019 et 2025, trois lycées accumulent 37.067 bilans d'adolescents de 16 à 18 ans. Chaque année, même protocole: taille, poids, sprint, saut en longueur, endurance, souplesse, tractions ou abdominaux.

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Publié le 16 septembre 2026 à 16:01 · Publication originale

Entre 2019 et 2025, trois lycées accumulent 37.067 bilans d'adolescents de 16 à 18 ans. Chaque année, même protocole: taille, poids, sprint, saut en longueur, endurance, souplesse, tractions ou abdominaux.

Li Liu et Jingtang He publient les résultats en mai 2026.

En six ans, les garçons gagnent en moyenne 1,26 cm. Les filles, 1,27 cm.

Mais les jambes racontent autre chose.

Le saut en longueur recule de 4,04 cm chez les garçons et 4,44 cm chez les filles. Les garçons passent de 7,15 à 5,62 tractions. Sur 1.000 mètres pour eux et 800 mètres pour elles, les temps se dégradent légèrement. Tout ne recule pas: le sprint s'améliore un peu et les abdominaux progressent fortement chez les filles. L'étude concerne trois établissements, pas toute la Chine. Mais elle démontre une chose mesurable: grandir davantage ne signifie pas progresser dans toutes les capacités physiques.

En France, nous continuons pourtant à surveiller passionnément la partie la plus visible de la croissance.

La taille.

"Il a pris combien?" La courbe du carnet de santé, le trait sur le mur, la comparaison avec les camarades, la taille du père et de la mère. Quelques centimètres deviennent facilement une projection de l'adulte futur.

Pendant ce temps, un chiffre français autrement plus préoccupant reste presque invisible.

La France est classée 119e sur 146 pays pour l'activité physique des adolescents. Le ministère de la Santé rapporte également qu'en vingt-cinq ans, les enfants ont perdu 40% de leurs capacités cardiovasculaires. Et 17% des 6-17 ans sont en surpoids, dont 4% en situation d'obésité.

La croissance biologique rend cette comparaison encore plus intéressante.

À l'adolescence, le cœur augmente de masse et de volume. Le réseau vasculaire s'adapte. Le volume sanguin progresse. Les poumons poursuivent leur maturation. Le squelette accumule une part considérable de sa masse minérale future. Les muscles changent de volume et de force.

Même le système immunitaire ne suit pas la direction indiquée par la toise: avec la puberté, le thymus, où mûrissent les lymphocytes T, commence son involution.

Un adolescent peut donc gagner ses centimètres exactement comme prévu tandis que sa condition cardiorespiratoire, sa force ou sa composition corporelle suivent une trajectoire beaucoup moins favorable.

C'est ce que le trait au crayon ne montre pas.

La prochaine fois qu'un parent mesurera son enfant contre un mur, il verra ce qui monte.

Pas son souffle. Pas son cœur à l'effort. Pas ses muscles. Pas sa masse grasse.

La courbe de taille peut être parfaite pendant qu'une autre croissance nous échappe.

ESCULAPIO

Nous demandons jusqu'où l'enfant grandira. Son corps demande aussi comment.

Sources

Frontiers in Public Health, 19 mai 2026

National Student Physical Health Standard, Jinan, 2019-2025

Ministère français de la Santé, activité physique et sportive des jeunes

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