Corpus VOCE · 18 septembre 2026

Londres, 23 septembre.

Au Barbican, Lawrence Abu Hamdan demande aux visiteurs d'écouter comme des enquêteurs.

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Publié le 18 septembre 2026 à 20:00 · Publication originale

Au Barbican, Lawrence Abu Hamdan demande aux visiteurs d'écouter comme des enquêteurs.

Car un coup de feu, une explosion, un moteur ou quelques secondes enregistrées par un téléphone peuvent contenir des informations que l'image n'a pas captées.

Abu Hamdan appelle cela l'"earwitness": le témoin auditif.

Né à Amman en 1985, l'artiste travaille à la frontière entre art, acoustique, droit et enquête.

Il se décrit comme une "Private Ear".

Avec Earshot, l'organisation qu'il a fondée, il analyse des enregistrements liés à des violences et violations des droits humains.

Prenez une détonation.

Sa durée, son spectre de fréquences, ses réverbérations et le délai entre plusieurs sons peuvent aider à déterminer ce qui s'est produit et parfois où.

Un mur réfléchit le son.

Une rue l'allonge.

Une distance le transforme.

Même ce que nous appelons "bruit" transporte une géographie.

Du 23 au 26 septembre, Abu Hamdan investit le Barbican avec "Repercussions": installations, performances, films et débats consacrés à la justice sonore.

Une nouvelle œuvre, "450 XL: A silent movie", part d'une enquête d'Earshot sur une attaque sonore signalée pendant une veillée silencieuse à Belgrade en mars 2025.

Le sujet dépasse la criminalistique.

Nous vivons dans un monde saturé de caméras.

Nous photographions manifestations, guerres, accidents, violences.

L'image est devenue notre preuve naturelle.

Abu Hamdan déplace l'attention des yeux vers les oreilles.

Que se passe-t-il hors du cadre?

Quel son précède l'image?

Que peut révéler un écho?

Le Barbican devient pendant quatre jours un endroit où l'écoute n'est plus seulement une sensation.

Elle devient une méthode d'enquête.

Après cela, une vidéo ne se regarde plus tout à fait de la même manière.

On monte le son.

ULTRA®

Le cerveau ne traite pas un son comme une image incomplète.

Le système auditif doit reconstruire une cause invisible à partir de vibrations. Différences d'arrivée entre les oreilles, intensité, spectre et réverbération permettent d'estimer direction, distance et environnement.

Mais cette reconstruction n'est pas neutre.

La mémoire auditive est confrontée aux attentes, au contexte et aux informations reçues après l'événement. Un témoin peut donc être sincère sans que son souvenir constitue un enregistrement fidèle.

Lawrence Abu Hamdan transforme cette fragilité en question philosophique.

Depuis Hume, le témoignage pose un problème redoutable: l'essentiel de ce que nous savons du monde ne vient pas de ce que nous avons vérifié, mais de ce que d'autres nous rapportent.

L'acoustique forensique ajoute une couche étrange.

La machine peut mesurer dans un son ce que le témoin n'a pas consciemment entendu.

La vérité ne se trouve alors ni entièrement dans l'oreille humaine, ni dans l'instrument.

Elle naît de la confrontation entre mémoire, matière et mesure.

TOSCA

Nous cherchons la vérité dans ce qui se montre. Elle laisse parfois sa trace dans ce qui résonne.

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#VOCEAssociation #CognitiveScience #Neuroscience #Psychology

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