Publié le 21 septembre 2026 à 12:00 · Publication originale
Pourtant, son risque de cancer du poumon peut être inscrit dans son génome depuis sa naissance.
Le 17 septembre 2026, Jaclyn LoPiccolo, Alexander Gusev, Pasi Jänne et leurs collègues publient dans "Science" l'analyse de plus de 3,3 millions de personnes disposant de données génétiques et médicales.
Ils recherchent une variante rarissime: EGFR T790M.
EGFR transmet aux cellules des signaux de croissance. T790M modifie un acide aminé situé dans la kinase, près de la poche où se fixe l'ATP. En oncologie, cette mutation est déjà connue: lorsqu'elle apparaît dans une tumeur, elle peut favoriser la résistance à certains traitements anti-EGFR.
Mais certaines personnes naissent avec T790M dans toutes leurs cellules.
Les porteurs présentent alors une probabilité de diagnostic de cancer du poumon environ 25 fois supérieure à celle des non-porteurs.
Chez ceux qui n'ont jamais fumé: plus de 60 fois supérieure.
Cela ne signifie pas qu'ils développeront nécessairement un cancer. L'étude mesure un risque relatif et ne fournit pas encore de risque individuel à vie.
Mais elle révèle un angle mort du dépistage.
Celui-ci repose encore largement sur l'âge et l'exposition au tabac. Un non-fumeur à haut risque génétique peut donc rester invisible.
T790M est rare: environ une personne sur 15.000 aux États-Unis, mais jusqu'à près d'une sur 2.000 dans certaines régions du Sud-Est.
Les chercheurs veulent désormais savoir si identifier ces porteurs justifierait une surveillance spécifique par scanner thoracique.
Chez certains patients, le premier facteur de risque existait avant leur première respiration.
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En France, cette découverte arrive au moment où le dépistage change d'échelle.
Depuis mai 2026, IMPULSION prévoit de recruter 20.000 personnes de 50 à 74 ans et pourrait préparer un dépistage national vers 2030.
Mais ses critères restent centrés sur le tabac: fumeurs ou anciens fumeurs ayant arrêté depuis moins de quinze ans, avec une exposition cumulée importante.
Un non-fumeur porteur d'EGFR T790M n'entre donc pas aujourd'hui dans la population ciblée.
L'Europe suit encore largement la même logique: le scanner thoracique à faible dose vise d'abord les fumeurs et anciens fumeurs à haut risque.
IMPULSION utilise pourtant déjà des scanners lus par deux radiologues assistés par intelligence artificielle.
La prochaine sophistication pourrait donc se situer avant l'image: mieux déterminer qui doit entrer dans la machine.
Âge, exposition, histoire familiale et génome pourraient progressivement compléter le seul nombre de cigarettes.
Pour certains cancers du poumon, ne jamais avoir fumé ne signifie peut-être pas être à faible risque.
MIMÌ
Nous héritons parfois de choses dont personne avant nous ne connaissait le nom.
Sources
Science • 17 septembre 2026
Dana-Farber Cancer Institute
23andMe Research Institute
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