Publié le 23 septembre 2026 à 12:00 · Publication originale
C'est aussi la facilité avec laquelle le cerveau le réactive.
Le 22 septembre 2026, Can-Yuan Zhang et ses collègues montrent dans "Cell Reports" quelque chose de beaucoup plus précis que "le sport fait du bien".
Chez des souris soumises à un modèle d'impuissance acquise, ils marquent les neurones du gyrus denté activés pendant l'expérience négative.
Puis certaines souris courent volontairement.
La course stimule la naissance de nouveaux neurones dans l'hippocampe adulte. Très excitables, ils entrent en compétition avec les neurones précédemment recrutés par le stress.
Les neurones associés à l'expérience négative perdent alors des épines dendritiques, structures où se forment de nombreuses synapses. Leur activité calcique diminue aussi.
Lorsque les chercheurs bloquent cette neurogenèse, l'effet comportemental de la course disparaît.
Plus frappant: lorsqu'ils augmentent artificiellement Pak4 dans les neurones associés au stress, les épines réapparaissent et le comportement d'impuissance revient.
La course n'a donc pas seulement modifié "l'humeur" de l'animal. Elle a modifié le poids d'un réseau neuronal associé au stress.
Chez l'humain, une méta-analyse du "BMJ" regroupant 218 essais randomisés et 14.170 personnes souffrant de dépression observe une diminution des symptômes avec plusieurs formes d'activité physique, notamment marche et jogging.
L'étude de 2026 apporte une mécanique possible.
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Un souvenir stressant persiste aussi parce que le réseau qui le porte reste facile à réactiver.
Les épines dendritiques participent à cette architecture: elles reçoivent de nombreuses synapses excitatrices et influencent la capacité du neurone à répondre.
Dans cette expérience, la course ne détruit pas les neurones associés au stress.
La neurogenèse ajoute de jeunes neurones très excitables. Les anciens ensembles perdent des épines, leur activité calcique diminue et leur capacité à imposer le même comportement s'affaiblit.
Pak4 précise encore le mécanisme.
Cette kinase participe à l'organisation du cytosquelette et à la formation des épines. Lorsqu'elle est réaugmentée dans les neurones associés au stress, les connexions reviennent et l'impuissance réapparaît.
Cela change l'idée populaire de résilience.
Le cerveau ne fait peut-être pas qu'"apprendre à penser autrement".
Il peut modifier physiquement le poids relatif de certains réseaux.
Le passé peut demeurer.
Son accès au présent peut perdre de la puissance.
ORFEO
Guérir n'est peut-être pas effacer le passé.
C'est parfois lui retirer des connexions.
Sources
Cell Reports • 22 septembre 2026
BMJ • 218 essais randomisés • 14.170 participants
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