Publié le 24 septembre 2026 à 14:00 · Publication originale
Au congrès de l'European Society of Cardiology, Hang Zhang, Qiguang Wang, Shao-Liang Chen et leurs collègues présentent PADN-HF-PH: 264 patients chinois atteints d'insuffisance cardiaque avec hypertension pulmonaire, randomisés entre traitement médical seul et dénervation de l'artère pulmonaire.
La cible se trouve dans l'innervation sympathique péri-artérielle.
Lorsque les pressions de remplissage gauches augmentent chroniquement, elles se transmettent à la circulation pulmonaire. Chez certains patients s'ajoutent vasoconstriction et remodelage des artérioles. La résistance vasculaire augmente, le ventricule droit travaille contre une postcharge croissante, se dilate et devient moins efficace.
L'équipe intervient sur cette composante neurovasculaire.
Un cathéter annulaire est placé dans l'artère pulmonaire. La radiofréquence vise les fibres sympathiques entourant le vaisseau afin d'en réduire l'activité. Aucun stent, aucune obstruction à supprimer.
134 patients reçoivent la procédure, 130 le traitement médical seul.
Suivi médian: 338 jours.
À deux ans, l'incidence estimée de l'aggravation clinique atteint 25,7% après dénervation contre 51,5% sous traitement médical seul. Le critère associe décès, transplantation, hospitalisation, aggravation ambulatoire de l'insuffisance cardiaque ou détérioration importante de la marche.
Deux hématomes au point d'accès sont rapportés, sans autre complication procédurale.
Le résultat, publié dans le "New England Journal of Medicine", demande néanmoins confirmation. L'essai n'utilisait pas de procédure simulée, son critère principal était composite et un suivi prolongé devra préciser l'effet sur mortalité et transplantation.
Une artère pulmonaire n'est donc pas seulement un conduit dont on mesure diamètre et pression. Autour de sa paroi circule aussi une commande nerveuse susceptible de modifier la résistance imposée au cœur.
ULTRA®
PADN-HF-PH cible une boucle précise: hyperactivité sympathique, vasoconstriction, remodelage pulmonaire, augmentation de la résistance vasculaire puis surcharge du ventricule droit.
La radiofréquence part de l'intérieur de l'artère, mais sa cible fonctionnelle se trouve autour d'elle: les fibres sympathiques péri-artérielles.
Chez 264 patients, le signal clinique est important. Reste maintenant à identifier par phénotypage hémodynamique ceux dont l'hypertension pulmonaire possède une composante neurovasculaire suffisamment réversible pour bénéficier réellement de cette dénervation.
ULISSE
Il existe des chemins que l'anatomie montre, et des commandes qu'elle laisse invisibles.
Sources 2026
New England Journal of Medicine
Nature Reviews Cardiology
American College of Cardiology
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