Publié le 26 septembre 2026 à 12:00 · Publication originale
La plupart des infections par papillomavirus humain disparaissent spontanément. Certaines persistent. C'est cette persistance, davantage que la simple présence du virus, qui ouvre la voie aux lésions précancéreuses puis à certains cancers.
Le 24 septembre 2026, "npj Biofilms and Microbiomes" publie une étude partie de 4.572 femmes dépistées. Les chercheurs en sélectionnent 640 puis suivent pendant un an 70 femmes porteuses d'un HPV à haut risque.
Ils ne regardent pas seulement le virus. Ils séquencent le microbiome vaginal et analysent son environnement métabolique.
La diversité microbienne globale ne permet pas, à elle seule, de distinguer les infections persistantes de celles qui disparaissent. Certaines signatures diffèrent pourtant.
Lactobacillus iners est particulièrement associé aux HPV à haut risque. Au cours du suivi, Bifidobacterium breve et B. bifidum sont davantage représentés lors de la clairance, tandis qu'Ewingella americana et Pseudomonas fluorescens apparaissent davantage dans les profils de persistance.
Le signal le plus intéressant est métabolique. Avant même de connaître l'issue de l'infection, les chercheurs observent des différences dans des voies liées à l'énergie, au nicotinate et nicotinamide, aux glycérophospholipides et à l'équilibre redox.
En combinant données microbiennes et métaboliques, leur classifieur exploratoire atteint des AUC internes de 0,820 à 0,970.
Ce n'est pas un test clinique. Le modèle doit être validé dans d'autres populations et l'étude ne démontre pas que ces bactéries causent directement la persistance ou l'élimination du virus.
Elle montre quelque chose de plus précis: deux femmes porteuses d'un HPV à haut risque peuvent héberger des microenvironnements biologiques très différents.
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En France, environ huit personnes sur dix rencontreront un HPV au cours de leur vie et près de 10% des infections persistent. Entre 30 et 65 ans, le test HPV-HR est le test de dépistage recommandé.
La prochaine couche d'information pourrait donc ne plus concerner seulement la présence du virus, mais l'environnement dans lequel il persiste.
Aucun probiotique ne peut aujourd'hui être présenté sérieusement comme traitement d'un HPV persistant. La vaccination et le dépistage restent les outils établis.
Le microbiome et le métabolome ouvrent une autre question: pourquoi, face à un HPV à haut risque, certaines infections disparaissent-elles tandis que d'autres s'installent?
MÉLISANDE
Ce qui demeure n'est pas toujours ce que l'on voit.
Sources
Sun et al., npj Biofilms and Microbiomes, 24 septembre 2026
Assurance Maladie, HPV et prévention, 2026
Haute Autorité de Santé, dépistage du cancer du col de l'utérus
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