Publié le 26 septembre 2026 à 09:00 · Publication originale
À sa surface, CD47 peut se lier à SIRPα sur le macrophage et freiner la phagocytose. La tumeur détourne ainsi un mécanisme normal de reconnaissance du soi pour réduire sa propre élimination.
C'est la cible d'ASPEN-06, essai randomisé de phase II publié le 24 septembre 2026 dans "Nature Medicine".
127 patients atteints d'un cancer avancé de l'estomac ou de la jonction gastro-œsophagienne HER2 positif, déjà traité, reçoivent trastuzumab, ramucirumab et paclitaxel. La moitié reçoit en plus l'evorpacept.
Cette protéine de fusion bloque CD47-SIRPα. Son domaine Fc est rendu inactif afin de limiter l'engagement indésirable de cellules normales, tandis que le trastuzumab fournit un Fc actif fixé aux cellules HER2 positives.
Le mécanisme devient alors très précis: trastuzumab marque la cellule; evorpacept retire un signal inhibiteur; le macrophage peut augmenter sa phagocytose dépendante des anticorps.
Dans l'ensemble de la population, 40,3% des patients répondent avec evorpacept contre 26,6% sans lui. La durée médiane de réponse atteint 15,7 contre 7,6 mois.
Chez les patients dont une biopsie récente confirme que HER2 est toujours présent après les traitements antérieurs, les taux sont de 54,8% contre 23,1%.
Mais l'étude impose de rester précis. L'un des deux objectifs principaux est atteint; la comparaison avec le seuil historique de 30% ne franchit pas le critère statistique préspécifié. La survie globale reste immature et la survie sans progression est presque identique dans l'ensemble de la population.
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Le résultat le plus intéressant apparaît dans les biomarqueurs.
Dans l'analyse post hoc, lorsque la tumeur conserve HER2 et exprime fortement CD47, la réponse atteint 63,6% avec evorpacept contre 23,1% dans le groupe contrôle. La durée médiane de réponse est de 25,5 contre 8,4 mois et le hazard ratio de progression de 0,38.
Le sous-groupe est petit. Ce n'est donc pas encore un test de sélection validé.
Mais il révèle une architecture thérapeutique remarquable: l'efficacité pourrait dépendre simultanément de la cible que l'anticorps désigne et du signal qui empêche le macrophage d'agir.
L'immunothérapie ne consiste pas toujours à rendre l'immunité plus agressive.
Parfois, elle consiste à retirer une instruction de retenue que la tumeur a appris à exploiter.
BORIS GODUNOV
Le pouvoir le plus discret n'ordonne pas toujours d'agir. Il obtient parfois que l'action s'arrête.
Sources
Shitara et al., Nature Medicine, 24 septembre 2026.
ASPEN-06, NCT05002127.
ASCO Gastrointestinal Cancers Symposium.
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