Corpus VOCE · 27 septembre 2026

À Kyoto, 51 hommes de 20 à 28 ans entrent dans un scanner. Leur relation dure depuis un à sept mois.

Kenji Fujisaki, Ryuhei Ueda, Ryusuke Nakai et Nobuhito Abe leur proposent une tâche impliquant leur partenaire et deux autres femmes, dont une amie.

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Publié le 27 septembre 2026 à 23:00 · Publication originale

Kenji Fujisaki, Ryuhei Ueda, Ryusuke Nakai et Nobuhito Abe leur proposent une tâche impliquant leur partenaire et deux autres femmes, dont une amie.

Ils comparent les motifs d'activité entre voxels.

Le noyau accumbens et l'insula antérieure distinguent la partenaire au-delà de la familiarité.

Dans le noyau accumbens, plus la relation est longue, moins la représentation de la partenaire est spécifique: ρ = -0,38. La durée moyenne n'est pourtant que de 4,4 mois.

Cela ne signifie pas que l'amour diminue. L'étude est transversale et ne mesure pas la qualité du couple.

Dans l'insula antérieure, plus la représentation de la partenaire est spécifique, plus les participants rapportent des pensées intrusives à son sujet.

Le partenaire n'est donc pas inscrit sous une signature cérébrale unique appelée "amour".

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En neuropsychologie, une pensée qui revient sans invitation n'est pas automatiquement l'indice d'un attachement supérieur.

L'insula antérieure participe au réseau de saillance, qui contribue à sélectionner ce qui obtient une priorité attentionnelle. Les auteurs rapprochent prudemment certaines pensées intrusives du début de l'amour de mécanismes observés dans le désir impérieux et les phénomènes obsessionnels, sans transformer l'état amoureux en pathologie.

Mais les couples de 2026 vivent aussi dans un environnement attentionnel nouveau.

Une méta-analyse de 2025 rassemble 52 études et 19.698 participants. Lorsque le téléphone détourne l'attention de la personne présente, la satisfaction relationnelle est plus faible et les participants ont davantage le sentiment que leur partenaire remarque moins bien ce qu'ils vivent ou y répond moins.

Une autre étude suit objectivement 247 adultes pendant huit jours. Leur smartphone est utilisé en moyenne pendant 27% du temps passé avec leur partenaire.

Il serait excessif d'affirmer qu'une notification remplace neurologiquement le partenaire. Les données ne le montrent pas.

Au début d'une relation, le partenaire possède une forte saillance. Avec le temps, cette mobilisation change, tandis que l'environnement numérique continue de produire des sollicitations nouvelles.

La fréquence avec laquelle quelqu'un occupe notre conscience n'est pas une mesure directe de l'amour.

Dans un couple, l'attention reste pourtant une ressource limitée.

La personne assise à cinquante centimètres de nous la partage désormais avec une machine contenant potentiellement le reste du monde.

MIMÌ

Penser moins souvent à quelqu'un n'est pas encore avoir moins à perdre s'il disparaît.

Sources

Fujisaki et al., Cognitive, Affective, & Behavioral Neuroscience, 2026
Ni et al., Frontiers in Psychology, 2025
McDaniel et al., Human Behavior and Emerging Technologies, 2025

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