Publié le 27 septembre 2026 à 09:00 · Publication originale
L'Occident en fera surtout une pratique de bien-être. Pourtant, une forêt ne se contente pas d'être regardée.
Elle émet une chimie.
Les arbres libèrent des composés organiques volatils, notamment des monoterpènes comme l'alpha-pinène ou le limonène.
En 2021, une équipe du CREAF, du CSIC et de l'Université autonome de Barcelone expose des volontaires pendant deux heures à une forêt méditerranéenne de chênes verts, avec comparaison urbaine.
Les quatre monoterpènes recherchés sont détectés dans l'air et dans le sang. Mais leur concentration sanguine n'augmente pas significativement après la forêt. L'étude montre surtout que l'exposition est mesurable et que l'absorption varie selon le niveau initial.
Des expériences japonaises avaient observé un autre signal. En 2007, Qing Li suit douze hommes pendant trois jours et deux nuits en forêt. Onze sur douze présentent ensuite une activité accrue des cellules NK, d'environ 50% en moyenne, avec davantage de perforine, granulysine et granzymes.
En 2009, douze hommes séjournent dans un hôtel urbain où de l'huile de cyprès hinoki est diffusée la nuit. Sans forêt, activité NK et plusieurs protéines cytotoxiques augmentent également.
Ces petits effectifs ne permettent ni de parler d'"immunité renforcée" en général, ni de prétendre que la forêt prévient le cancer.
Ils rendent pourtant trop simple l'idée d'une expérience seulement psychologique.
ULTRA®
Le changement climatique ajoute une seconde dimension au shinrin-yoku.
En 2025, une analyse satellitaire européenne montre qu'en été les surfaces forestières sont en moyenne 0,75 °C plus fraîches que les espaces ouverts voisins, avec 2,11 °C d'écart pendant la journée. Cet effet s'est renforcé au cours des deux dernières décennies.
À l'échelle du corps, la différence peut être bien plus forte. Dans une hêtraie méditerranéenne étudiée en 2021, les températures maximales près du sol ont été jusqu'à 8,6 °C plus basses sous la canopée.
La forêt agit donc à la fois sur l'atmosphère que nous respirons et sur le microclimat dans lequel nous respirons.
Elle produit de l'ombre, redistribue l'eau, modifie les flux d'énergie et émet des molécules végétales auxquelles notre organisme est exposé.
Dans une Europe qui chauffe, protéger une forêt peut aussi signifier préserver un refuge thermique dont la valeur humaine augmentera.
FALSTAFF
Nous appelons paysage ce qui, parfois, agit déjà sur nous.
Sources
Japan Forestry Agency, shinrin-yoku
Li et al., International Journal of Immunopathology and Pharmacology, 2007 et 2009
Bach et al., Journal of Pharmaceutical and Biomedical Analysis, 2021
Nature Communications, 2025
Scientific Reports, 2021
#VOCEASSOCIATION #Japon #ShinrinYoku #Forêt #Immunologie #Climat