Publié le 27 septembre 2026 à 11:00 · Publication originale
s’ils sont clairement signalés, nous saurons ne pas les croire.
Le cerveau semble moins coopératif.
En août 2026, des chercheurs publient dans "Scientific Reports" deux expériences menées auprès de 2.500 participants.
Ils leur montrent une vidéo truquée dans laquelle un témoin accuse quelqu’un d’avoir commis un crime.
Certains participants ne voient pas la vidéo.
D’autres la regardent sans avertissement.
Un troisième groupe sait explicitement qu’il s’agit d’un deepfake.
On pourrait penser que cette information annule l’accusation.
Elle ne l’annule pas.
Voir la vidéo augmente les jugements de culpabilité envers la personne accusée.
L’avertissement réduit cet effet.
Mais seulement en partie.
Autrement dit, une information que nous savons fausse peut continuer à participer à notre jugement.
C’est une vieille fragilité cognitive.
Une information corrigée peut laisser une trace parce qu’elle a déjà fourni au cerveau une histoire cohérente.
Avec les deepfakes, cette faiblesse rencontre une machine nouvelle.
Une vidéo synthétique peut installer un visage, une voix, une accusation et une scène avant que la mention "généré par IA" tente de les retirer.
Voilà pourquoi le problème dépasse la simple détection du faux.
Il faut aussi savoir d’où vient une image avant de décider quelle valeur lui accorder.
La prochaine fois qu’une vidéo affichera "contenu généré par IA", le problème ne sera donc pas forcément réglé.
Le cerveau aura déjà regardé.