Publié le 28 septembre 2026 à 08:00 · Publication originale
Mais la cellule peut recevoir simultanément un autre signal.
Dans certains cancers de l'ovaire, le cortisol active le récepteur des glucocorticoïdes et favorise l'expression de gènes qui freinent l'apoptose induite par certains traitements.
Le relacorilant cherche à retirer cette protection.
Ce médicament oral bloque ce récepteur de façon sélective et réversible. Il modifie ainsi la réponse cellulaire dans laquelle agit la chimiothérapie.
L'essai international ROSELLA vient d'en mesurer l'effet.
381 femmes atteintes d'un cancer ovarien ou apparenté résistant au platine ont été randomisées dans 117 centres de 14 pays. Toutes avaient déjà reçu du bevacizumab et un taxane.
188 ont reçu relacorilant plus nab-paclitaxel. 193, le nab-paclitaxel seul.
Après un suivi médian de 24,8 mois, la survie médiane atteint 16 mois avec l'association, contre 11,9 mois avec la chimiothérapie seule. Le risque de décès est réduit de 35%.
À 18 mois, 46% des patientes du groupe relacorilant étaient encore en vie, contre 27%.
Le résultat ne signifie pas que le stress psychologique rend la chimiothérapie moins efficace.
ROSELLA étudie une voie moléculaire du cortisol dans la cellule tumorale. Transformer ce résultat en "le stress nourrit le cancer" serait faux et culpabilisant.
Le 17 septembre 2026, l'Agence européenne des médicaments a recommandé l'autorisation de Lifyorli avec le nab-paclitaxel. La décision de la Commission européenne reste attendue.
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Le mécanisme se joue jusque dans le noyau.
Lorsque le cortisol active son récepteur, celui-ci peut modifier la transcription de gènes impliqués dans la survie cellulaire. Le relacorilant vise cette réponse plutôt que la tumeur directement.
ROSELLA n'a pas sélectionné les patientes sur un biomarqueur rare. Si l'autorisation est accordée, cette stratégie pourrait donc concerner une population plus large que certaines thérapies moléculaires.
La différence de survie médiane, 4,1 mois, reste une statistique de population. Elle ne promet pas quatre mois supplémentaires à chaque patiente. Le rapport de risque de décès, 0,65, décrit le bénéfice sur l'ensemble du suivi.
Le traitement conserve les toxicités d'une chimiothérapie anticancéreuse.
L'idée thérapeutique mérite pourtant attention.
Une résistance peut être un programme de survie activé dans la cellule au moment même où le traitement agit.
NORMA
La résistance n'est parfois qu'une manière, encore inconnue, de rester vivant.
Sources
Lorusso et al., The Lancet, 2026
ROSELLA, GOG-3073/ENGOT-ov72
European Medicines Agency, Lifyorli, 17 septembre 2026
ClinicalTrials.gov, NCT05257408
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