Publié le 29 septembre 2026 à 08:00 · Publication originale
Pour certains patients, le traitement commence pourtant plusieurs semaines avant le bloc.
Le 9 septembre 2026, "The Lancet" publie les résultats finaux de survie de MATTERHORN, essai de phase III mené dans 147 centres de 20 pays.
948 patients atteints d'un adénocarcinome gastrique ou de la jonction gastro-œsophagienne résécable ont reçu FLOT avant et après chirurgie. La moitié recevait en plus du durvalumab, puis poursuivait cette immunothérapie seule.
FLOT associe fluorouracile, leucovorine, oxaliplatine et docétaxel. Le durvalumab bloque PD-L1, un signal utilisé par certaines cellules tumorales pour freiner l'activité des lymphocytes T.
Le calendrier compte parce que l'immunothérapie commence alors que la tumeur est encore présente, puis se poursuit après son retrait.
Les résultats sont désormais cliniques.
Une réponse pathologique complète est observée chez 19,2% des patients avec durvalumab, contre 7,2% avec FLOT seul.
À deux ans, 67,4% étaient vivants sans événement lié à la maladie, contre 58,5%.
L'analyse finale montre aussi une réduction de 22% du risque de décès. À trois ans, 69% des patients du groupe durvalumab étaient encore en vie, contre 62%.
Les événements indésirables de grade 3 ou plus étaient proches: 71,6% contre 71,2%. Le taux de chirurgie réalisée était également similaire.
Depuis le 16 mars 2026, cette stratégie est autorisée dans l'Union européenne pour les adultes atteints d'un cancer gastrique ou de la jonction gastro-œsophagienne résécable aux stades IIA à IVA.
ULTRA®
MATTERHORN montre surtout que le moment d'un traitement peut devenir une composante thérapeutique.
Avant l'opération, la tumeur et son microenvironnement sont encore présents. Après la chirurgie, une maladie microscopique peut subsister sans être visible à l'imagerie.
Le protocole agit de part et d'autre de cette frontière.
Cela ne prouve pas que le bénéfice vient spécifiquement de l'immunothérapie administrée avant l'opération. L'essai évalue l'ensemble du traitement périopératoire.
Mais pour les patients, le sens du calendrier change.
Recevoir une chimiothérapie et une immunothérapie avant une chirurgie possible ne signifie pas que l'opération est repoussée faute de solution. Dans MATTERHORN, cette séquence fait partie de la stratégie destinée à réduire le risque futur de récidive ou de décès.
La chirurgie retire ce qui est visible.
Le traitement périopératoire cherche aussi à agir sur ce qui pourrait rester invisible.
FIDELIO
Ce que l'on ne voit plus peut encore déterminer ce qu'il faut combattre.
Sources
Janjigian et al., The Lancet, 9 septembre 2026
MATTERHORN, NCT04592913
European Medicines Agency
Commission européenne, 16 mars 2026
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