Publié le 1 octobre 2026 à 12:00 · Publication originale
Lorsque les deux copies du gène WRN sont altérées, le syndrome de Werner provoque un vieillissement prématuré et prédispose à certains cancers.
À Houston, Timothy Yap et ses collègues de MD Anderson exploitent l'envers de cette fragilité. Dans certaines tumeurs, bloquer WRN pourrait précisément empêcher les cellules cancéreuses de survivre.
Ces tumeurs sont dites MSI: leur système de correction des erreurs de copie de l'ADN, le MMR, est défaillant. Les séquences répétitives deviennent instables et forment des structures que WRN aide à dénouer. Les cellules malades finissent par dépendre de cette enzyme pour continuer à se multiplier.
RO7589831, aujourd'hui VVD-133214, se fixe à la cystéine 727 de WRN et bloque son activité hélicase. La première défaillance, celle du MMR, rend alors la seconde, celle de WRN, particulièrement dommageable. C'est la létalité synthétique.
Le premier essai humain, publié dans Nature Medicine, a inclus 88 personnes atteintes de cancers avancés, dont 95 % avaient déjà reçu une immunothérapie.
Parmi 66 patients MSI évaluables, 49 ont obtenu un contrôle de leur maladie: 42 stabilisations et 7 régressions partielles confirmées. La survie médiane sans progression est de 6,7 mois.
Ce résultat ne correspond pas à 74 % de régressions tumorales. L'essai de phase 1 est non comparatif; l'efficacité définitive reste inconnue. Nausées et diarrhées sont fréquentes, des anémies parfois sévères surviennent. L'inhibition directe de WRN dans les biopsies tumorales n'a pas pu être établie.
Après l'échec ou l'arrêt d'une immunothérapie, cette faiblesse génétique offre une cible expérimentale.
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En France, l'INCa recommande d'évaluer le statut MMR dès le diagnostic de tout cancer colorectal. Ce test, déjà utile pour orienter l'immunothérapie et rechercher un syndrome de Lynch, pourrait aussi guider demain vers l'inhibition de WRN, si les essais la valident.
Autre signal, dans le sang: chez 26 des 41 patients évaluables, l'ADN tumoral circulant a diminué d'au moins 75 %. L'analyse est exploratoire et ne remplace pas l'imagerie.
Vividion a découvert la molécule avec Roche, qui a initialement financé l'essai. Vividion, rachetée par Bayer pour 1,5 milliard de dollars en 2021, soutient désormais le programme. BlackRock, SoftBank et Mubadala ont investi dans la biotech, sans financer spécifiquement cet essai.
PARSIFAL
Ce qui aide une cellule à préserver son ADN peut devenir la faille d'une autre.
Sources
Yap et al., Nature Medicine, 29 septembre 2026
MD Anderson Cancer Center, essai RO7589831, 2026
INCa, Évaluation du statut MMR tumoral
Vividion Therapeutics et Bayer, 2021
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