Publié le 4 octobre 2026 à 13:01 · Publication originale
Los Angeles.
Gail Greendale et ses collègues de SWAN suivent des femmes avant, pendant et après leur dernière menstruation.
Ils ne regardent pas seulement la balance.
Ils utilisent la DXA pour séparer masse grasse et masse maigre, puis alignent les trajectoires sur un même événement biologique: la dernière menstruation.
Avant la transition, la masse grasse augmente d’environ 1% par an.
Pendant, le rythme passe à 1,7%.
Sur 3,5 ans, cela représente environ 1,6 kg de graisse supplémentaire.
Au même moment, la masse maigre commence à diminuer.
Mais le poids total ne montre pas la même rupture.
Il augmentait déjà auparavant et n’accélère pas lorsque la transition commence.
La ménopause peut donc modifier la composition corporelle sans produire le signal attendu sur la balance.
En 2026, Victoria Vieira-Potter, Gargi Mishra et Kristy Townsend rappellent dans Nature Reviews Endocrinology que le tissu adipeux est une cible des œstrogènes. Leur diminution favorise notamment une redistribution vers la graisse viscérale, métaboliquement distincte de la graisse sous-cutanée.
La balance mesure la masse totale.
Elle ne dit ni où elle se trouve, ni de quoi elle est faite.
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C’est ensuite qu’intervient le regard porté sur le corps.
En 2026, une étude auprès de 474 femmes en périménopause ou début de postménopause montre qu’après ajustement pour l’IMC et l’âge, l’acceptation corporelle reste associée à l’attractivité sexuelle et à la condition physique perçues.
La perception du corps se construit alors au croisement de plusieurs réalités: transformation physiologique, histoire personnelle, sexualité, comparaison sociale et normes esthétiques.
Une enquête nationale avait déjà montré que 37,4% des participantes rapportaient de la honte liée aux symptômes ménopausiques et 82,7% percevaient une stigmatisation.
Une femme peut ainsi constater une redistribution réelle de son tissu adipeux, comparer sa silhouette à celle de ses 35 ans et transformer une transition physiologique en verdict personnel.
Ce glissement compte.
Un tour de taille qui augmente, une force musculaire qui diminue, un sommeil qui se dégrade ou une silhouette qui change ne décrivent pas le même phénomène.
Les réunir sous un seul mot, “grossir”, efface précisément l’information utile.
Après 45 ou 50 ans, suivre uniquement le poids revient donc à observer une transformation complexe avec un instrument qui additionne tout.
La balance peut rester presque stable pendant que le corps, lui, change de composition, de distribution et de fonction.
VIOLETTA
Le chiffre affiché sous les pieds peut rester le même pendant que l’histoire biologique, elle, a déjà changé.
Sources
Vieira-Potter et al., Nature Reviews Endocrinology, 2026
Bień et al., Journal of Clinical Medicine, 2026
Dahlgren et al., Journal of Women’s Health, 2023
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