Publié le 4 octobre 2026 à 15:00 · Publication originale
St. Michael's Hospital.
Carmelina Crudo vit depuis plus de vingt ans avec une douleur neuropathique.
En 2023, elle entre dans une expérience inhabituelle. Les médecins veulent savoir ce qu'il devient possible de travailler psychologiquement pendant que la kétamine agit.
Akash Goel et ses collègues recrutent 30 adultes souffrant de douleurs neuropathiques chroniques modérées à sévères.
Dix reçoivent trois perfusions de kétamine sur seize semaines. Dix suivent seize séances associant thérapie cognitivo-comportementale et méditation de pleine conscience. Dix reçoivent les deux.
Vingt-six terminent le suivi à vingt semaines.
Tous les groupes montrent des améliorations exploratoires. Dans le groupe combiné, près de 80% rapportent une réduction cliniquement significative de l'interférence de la douleur avec leur vie, contre environ 50 à 60% avec une seule intervention.
L'essai, publié dans Med le 13 août 2026, n'était pas conçu pour prouver la supériorité de la combinaison. Son objectif principal était la faisabilité.
Soixante-quatre événements indésirables sont enregistrés, majoritairement légers et dans les groupes recevant la kétamine. Aucun événement grave lié à l'étude n'est observé.
Le signal reste intéressant.
La kétamine peut produire une analgésie de courte durée. La psychothérapie travaille sur les pensées, comportements et stratégies organisés autour d'une douleur devenue chronique.
Les réunir revient à tester si une accalmie pharmacologique peut devenir un moment d'apprentissage.
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Il faut ici séparer résultat clinique et mécanisme.
L'essai montre qu'une combinaison kétamine-psychothérapie est faisable et suffisamment prometteuse pour justifier une étude plus grande.
Il ne démontre pas qu'une "fenêtre de plasticité" explique l'amélioration.
Cette hypothèse vient d'autres travaux: la kétamine bloque les récepteurs NMDA puis déclenche des cascades glutamatergiques et synaptiques associées à une plasticité accrue.
Dans la douleur chronique, le cerveau apprend aussi. Il anticipe certains mouvements ou situations comme menaçants. Ces apprentissages peuvent alimenter évitement, vigilance et interférence fonctionnelle.
Une période où ces modèles deviennent plus révisables pourrait donc donner davantage de poids à une intervention psychologique.
Six institutions canadiennes ont déjà manifesté leur intérêt pour une étude multicentrique.
Toronto déplace ainsi le calendrier thérapeutique: l'effet d'un médicament pourrait aussi se mesurer par ce que le patient parvient à reconstruire pendant qu'il agit.
ORFEO
Une accalmie brève peut compter longtemps si le cerveau y apprend autre chose.
Sources
Goel et al., Med, 13 août 2026
St. Michael's Hospital / Unity Health Toronto
University of Toronto, Temerty Faculty of Medicine
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