Corpus VOCE · 7 octobre 2026

Dans le Rhône, la France teste une énergie que presque personne ne regarde

À Port-Saint-Louis-du-Rhône, deux eaux se rencontrent.

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Publié le 7 octobre 2026 à 13:00 · Publication originale

À Port-Saint-Louis-du-Rhône, deux eaux se rencontrent.

L'une descend du Rhône. L'autre vient de Méditerranée.

Entre elles existe une différence de salinité que Sweetch Energy et la Compagnie Nationale du Rhône tentent de convertir en électricité dans OPUS-1, à l'écluse de Barcarin.

Le cœur du système est une membrane échangeuse d'ions.

La technologie INOD® de Sweetch dérive de travaux français en nanofluidique et utilise des matériaux biosourcés pour exploiter le déplacement sélectif d'ions entre eau douce et eau salée.

En février 2026, Yunfei Teng, Tzu-Heng Chen, Aleksandra Radenovic et leurs collègues de l'EPFL publient dans Nature Energy une architecture où des nanopores de nitrure de silicium sont recouverts d'une bicouche lipidique chargée.

Cette interface augmente la charge de surface et favorise le glissement de l'eau contre la paroi.

Résultat: environ 51,4 kW/m² de densité de puissance sur une membrane expérimentale de 314 µm².

Ce chiffre n'est pas celui d'une centrale.

Il mesure une architecture nanofluidique extrêmement optimisée sur une surface microscopique.

À Barcarin, l'épreuve change d'échelle.

Il faut gérer prises d'eau, filtration, pompage, hydraulique, nettoyage des membranes et fonctionnement automatisé dans un véritable estuaire.

CNR et Sweetch estiment à environ 500 MW le potentiel installable dans le delta du Rhône. Le partenariat industriel représente près de 3 millions d'euros sur la durée des essais.

L'énergie osmotique intéresse aussi le dessalement.

En juin 2026, une étude appliquée à Phosboucraa, au Maroc, calcule jusqu'à 180 kW avec 400 cellules et 5 m² de membrane en exploitant une saumure à 60 g/L face à un perméat à 5 g/L.

ULTRA®

Le verrou industriel se trouve dans le rendement net.

Une centrale doit produire davantage que ce que consomment pompes, filtration, nettoyage et auxiliaires. Les membranes doivent résister à l'encrassement, conserver leur sélectivité et coûter assez peu pour être remplacées à grande échelle.

La position française devient alors intéressante.

Sweetch fabrique ses modules à Rennes, exploite OPUS-1 avec CNR et dispose d'une implantation à Greentown Labs, près de Boston.

Le gradient d'un estuaire existe jour et nuit. CNR présente l'énergie osmotique comme une production continue et pilotable.

Le démonstrateur ne prouve pas encore que 500 MW seront économiquement déployables dans le Rhône.

Il teste précisément les conditions qui décideront si cette ressource passe du laboratoire à une filière industrielle.

NABUCCO

Nous regardions deux eaux se mélanger. Des ingénieurs ont commencé à mesurer ce que cette rencontre pouvait produire.

Sources

Nature Energy, 16 février 2026
Sweetch Energy, OPUS-1
Compagnie Nationale du Rhône, Barcarin
Applied Water Science, 6 juin 2026

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