Publié le 14 octobre 2026 · Publication originale
Aux Pays-Bas, 240 enfants de 8 à 12 ans recopient Wild Roses de Vincent van Gogh.
Ils reçoivent une note attribuée à un peintre professionnel. Certains lisent:"Tu as fait un beau dessin." D'autres:"Tu as fait un dessin incroyablement beau." Un troisième groupe ne reçoit aucun compliment.
Puis vient le vrai test.
Les enfants choisissent entre des dessins faciles et des dessins difficiles, où ils risquent davantage d'échouer mais peuvent progresser.
Chez ceux ayant une faible estime d'eux-mêmes, l'éloge exagéré réduit le choix de la difficulté. Chez les enfants ayant déjà une estime de soi élevée, l'effet s'inverse.
Le compliment destiné à rassurer peut donc devenir une norme à maintenir.
Une seconde étude observe 114 parents pendant des exercices de mathématiques. Environ un quart des compliments sont exagérés. Les enfants ayant la plus faible estime d'eux-mêmes en reçoivent davantage.
En 2017, une étude longitudinale sur 120 familles retrouve le signal dans le temps: les compliments excessifs prédisent une baisse ultérieure de l'estime de soi. Chez les enfants qui partent avec une estime de soi élevée, ils prédisent aussi davantage de traits narcissiques.
Une cohorte de 565 enfants distingue alors deux mécanismes. La survalorisation parentale, présenter son enfant comme supérieur aux autres, prédit davantage de narcissisme. La chaleur affective prédit une meilleure estime de soi.
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QUAND LE COMPLIMENT DEVIENT UNE RÉCOMPENSE À RECHERCHER
En 2026, Eddie Brummelman, Stathis Grapsas et Reinout Wiers étudient 221 enfants de 7 à 13 ans.
Ils décrivent une "praise addiction": recherche répétée de compliments, priorité donnée à leur obtention et détresse lorsqu'ils disparaissent.
Les niveaux moyens sont faibles, mais les différences individuelles sont réelles. Les enfants les plus dépendants du compliment ont une estime de soi plus basse, davantage de sensibilité à la récompense et fournissent plus d'effort pour obtenir un compliment même lorsque son coût augmente.
Ce profil est aussi associé à davantage de survalorisation parentale et moins de chaleur affective.
L'étude ne montre pas qu'un compliment crée cette dépendance. Elle révèle qu'une validation externe peut devenir, chez certains enfants, un objectif comportemental en soi.
Pour les parents, la distinction est fine. "Tu es un génie" juge l'enfant. "Tu as repris cette partie et essayé autrement" décrit ce qu'il a réellement fait.
L'affection, elle, n'a pas besoin d'être méritée.
PAPAGENO
On ose davantage échouer quand l'affection n'a rien à perdre.
Sources
Brummelman et al., Psychological Science, 2014
Brummelman et al., PNAS, 2015
Brummelman et al., Child Development, 2017
Brummelman, Grapsas & Wiers, Developmental Psychology, 2026
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