Publié le 20 octobre 2026 · Publication originale
Londres, 2026.
Au Design Museum, "LAIKA presents Wildwood: The Exhibition" montre jusqu’au 10 janvier 2027 les marionnettes, décors, costumes et outils de fabrication du nouveau film du studio de Portland.
Mais l’histoire la plus intéressante est industrielle.
Pour Coraline, LAIKA imprime environ 20.000 visages de remplacement.
ParaNorman en utilise 40.000.
The Boxtrolls: 56.000.
Kubo and the Two Strings: 64.000.
Chaque visage permet de modifier très légèrement bouche, joues, sourcils ou regard entre deux images.
Le stop-motion reste physique.
Mais une partie du jeu d’acteur devient imprimable.
Avec Stratasys, LAIKA fait évoluer cette chaîne de fabrication. Sur Kubo, le studio utilise la J750, imprimante 3D couleur multi-matériaux capable de produire environ 360.000 combinaisons de couleurs.
Puis le contrôle au niveau du voxel permet d’agir localement sur la matière imprimée elle-même.
La couleur n’est plus seulement peinte après fabrication.
Elle peut être définie avant l’impression, dans le fichier.
En 2016, Brian McLean et Martin Meunier reçoivent un Scientific and Engineering Award de l’Academy pour avoir développé cette utilisation du rapid prototyping dans l’animation de personnages.
Le détail change la lecture du film.
Une expression qui n’existera que pendant quelques images peut être conçue numériquement, imprimée, montée sur la marionnette puis photographiée image par image.
La fabrication additive devient une extension du jeu d’acteur.
ULTRA®
Dans une usine classique, la répétabilité sert à fabriquer le même objet avec moins de variation.
Chez LAIKA, elle sert presque à l’inverse.
Plus la fabrication devient précise et reproductible, plus le studio peut produire de variations contrôlées.
C’est là que la technologie change réellement le métier.
L’imprimante ne décide pas si un regard doit durer une image de plus.
Elle ne sait pas si une bouche s’ouvre trop tôt pour que l’émotion fonctionne.
Elle retire une partie du travail de fabrication répétitive afin que l’animateur consacre davantage de temps à ces décisions.
La machine ne supprime donc pas la lenteur du stop-motion.
Elle rend cette lenteur beaucoup plus expressive.
"Wildwood" pousse cette logique encore plus loin: plus de 140.000 masques faciaux ont été fabriqués pour le film. L’exposition retrace précisément cette chaîne, de la recherche visuelle au rapid prototyping et à l’animation.
Le progrès industriel ne consiste pas ici à produire moins d’objets.
Il consiste à rendre économiquement possible une quantité de variations auparavant inimaginable.
TOSCA
Chez LAIKA, l’automatisation n’a pas remplacé l’acteur.
Elle a donné davantage de visages à une marionnette.
Sources 2026
Design Museum London, LAIKA presents Wildwood
Stratasys, The New Faces of LAIKA
Academy of Motion Picture Arts and Sciences, Scientific & Technical Awards
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