Corpus VOCE · 21 octobre 2026

Ces couples qui ne se disputent jamais peuvent aussi aller mal

Canada, 2026.

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Publié le 21 octobre 2026 · Publication originale

Canada, 2026.

Certains couples ne se disputent presque jamais.

Ils dînent ensemble, organisent leurs vacances, reçoivent des amis.

Rien ne semble particulièrement inquiétant.

Cheryl Trask, Catherine Lowe et leurs collègues publient dans Acta Psychologica une étude menée auprès de 238 adultes qui rend cette tranquillité moins rassurante.

Les chercheurs mesurent séparément deux dimensions de la relation: ce qui est positif et ce qui est négatif.

Puis ils utilisent deux façons de regarder le même couple.

Première méthode: lorsqu'une personne demande de l'aide, son partenaire est-il utile? Cette aide s'accompagne-t-elle aussi de détresse?

Lorsque soutien et détresse sont tous deux élevés, davantage de soutien est associé à davantage d'anxiété.

C'est l'ambivalence relationnelle.

Deuxième méthode: quel est le niveau général de soutien et de conflit dans le couple?

Cette fois, parmi les personnes rapportant peu de conflits, celles qui déclarent également peu de soutien présentent davantage d'anxiété.

C'est l'indifférence relationnelle.

Même participants.
Même partenaire.
Deux instruments de mesure.

Et deux réalités différentes apparaissent.

Une relation peut donc être douloureuse parce que l'aide elle-même devient source de tension.

Mais elle peut aussi être silencieusement pauvre: peu de disputes, peu de soutien, peu de refuge.

L'étude est transversale. Elle ne démontre pas que l'indifférence provoque l'anxiété.

Elle révèle autre chose de plus utile.

L'absence de conflit n'est pas une mesure suffisante de la qualité d'un lien.

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Le point méthodologique est remarquable.

Les dimensions positives et négatives d'une relation ne sont pas nécessairement les deux extrémités d'une même échelle.

Un couple peut avoir beaucoup de soutien et beaucoup de détresse.

Ou très peu des deux.

Dans l'étude, l'interaction statistique apparaît dans les deux instruments, mais dans des directions différentes.

Pour la recherche de soutien: b = 0,539, p = 0,035.

Pour les mesures générales: b = 0,569, p = 0,028.

Changer la manière de poser les questions change donc le type de relation problématique que l'on rend visible.

Pour un clinicien, c'est essentiel.

Un questionnaire peut être parfaitement cohérent et manquer pourtant une dimension déterminante de l'expérience vécue.

Demander "vous disputez-vous souvent?" ne suffit pas.

Une autre question peut être plus révélatrice:

lorsque quelque chose va réellement mal, cette personne devient-elle un appui?

MIMÌ

L'absence de conflit ne prouve pas qu'il existe un refuge.

Sources 2026

Trask, Lowe, Gilbert, Ng & Ross, Acta Psychologica

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