Publié le 28 juin 2026 à 09:00 · Publication originale
Pourtant, ils constituent aussi un environnement étonnamment complet pour le cerveau et le corps.
En un peu moins de deux kilomètres, cette promenade réunit plusieurs stimuli que les neurosciences et la médecine préventive étudient aujourd'hui séparément.
La marche d'abord.
Elle augmente le débit sanguin cérébral, stimule la libération de myokines par les muscles et favorise la production de facteurs neurotrophiques comme le BDNF, une protéine impliquée dans la plasticité cérébrale, l'apprentissage et la mémoire. À long terme, une activité physique régulière influence également l'expression de nombreux gènes liés au métabolisme énergétique et à l'inflammation, un domaine étudié par l'épigénétique.
Puis vient la lumière.
Au lever du soleil, l'exposition naturelle synchronise l'horloge circadienne grâce aux cellules photosensibles de la rétine. Cette synchronisation améliore la qualité du sommeil, régule la sécrétion de mélatonine et participe indirectement au bon fonctionnement immunitaire et cognitif.
Dubrovnik ajoute un troisième élément rarement réuni avec les deux premiers, l'immensité de la mer.
Les neuroscientifiques s'intéressent de plus en plus aux "blue spaces", ces environnements dominés par l'eau. Ils semblent favoriser l'activation du système parasympathique, augmenter la variabilité de la fréquence cardiaque et diminuer certains marqueurs physiologiques du stress. Dans le même temps, plusieurs travaux suggèrent une réduction de la rumination mentale grâce à une attention moins fragmentée.
Enfin, les remparts sollicitent constamment notre système de navigation. Escaliers, tours, changements de perspective et orientation vers l'horizon mobilisent l'hippocampe, une région essentielle à la mémoire spatiale et particulièrement sensible à l'activité physique.
Pourquoi cette promenade laisse-t-elle souvent une impression durable?
Parce qu'elle ne stimule pas un seul système biologique.
Elle en mobilise plusieurs simultanément.
Les remparts furent construits pour protéger Dubrovnik des menaces extérieures.
Aujourd'hui, ils offrent surtout à notre organisme quelques kilomètres où mouvement, lumière, mer et patrimoine agissent dans la même direction.
MEDEA
Parfois, la plus ancienne des architectures devient sans le vouloir l'une des plus modernes pour notre cerveau.
Sources 2026
Nature Mental Health
Nature Reviews Neuroscience
Journal of Environmental Psychology
Frontiers in Psychology
International Journal of Environmental Research and Public Health.
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