Publié le 4 juillet 2026 à 06:00 · Publication originale
Le principe est différent des batteries lithium.
Lorsque l'électricité solaire ou éolienne est abondante et peu chère, elle ne sert pas à stocker des électrons. Elle chauffe d'immenses blocs de graphite ou de briques réfractaires jusqu'à plus de 2.000°C. Cette chaleur reste ensuite stockée pendant des dizaines d'heures avec très peu de pertes.
Lorsque l'usine en a besoin, l'air circule à travers ces matériaux incandescents et récupère directement la chaleur nécessaire aux fours, aux cimenteries, aux verreries ou aux installations sidérurgiques. Il n'est alors plus nécessaire de brûler du gaz naturel pour produire cette température.
Cette approche intéresse particulièrement les ingénieurs car près de la moitié de l'énergie consommée par l'industrie mondiale sert à produire de la chaleur, et non de l'électricité. Or cette chaleur reste aujourd'hui largement fournie par les combustibles fossiles.
Les premiers projets industriels sont déjà en service. Antora déploie des systèmes à l'échelle du gigawattheure, tandis que Rondo exploite des batteries thermiques de 100 MWh et signe des contrats avec de grands groupes industriels comme Heineken.
Pour le grand public, cette technologie pourrait avoir une conséquence très concrète. Si les industries lourdes réduisent leur consommation de gaz grâce à ces systèmes, elles deviennent moins dépendantes des fluctuations des marchés énergétiques. À terme, cela peut contribuer à stabiliser le coût de matériaux présents dans presque tous les objets du quotidien, acier, verre, ciment, papier ou produits chimiques.
Aida
Les plus grandes révolutions ne changent pas toujours la manière de produire l'énergie. Elles changent parfois simplement la manière de la conserver.
Sources 2026
Antora Energy
Rondo Energy
Electrified Thermal Solutions
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