Corpus VOCE · 26 juillet 2026

Pendant que l'Europe continue de chercher comment recycler toujours mieux les plastiques issus du pétrole, plusieurs laboratoires et industriels développent déjà une famille de matériaux qui pourrait rendre une partie de ce débat obsolète.

Son nom est presque inconnu du grand public européen: les PHA, pour polyhydroxyalcanoates.

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Publié le 26 juillet 2026 à 17:00 · Publication originale

Son nom est presque inconnu du grand public européen: les PHA, pour polyhydroxyalcanoates.

Contrairement aux plastiques classiques, ils ne sont pas produits à partir de pétrole. Ils sont fabriqués directement par des bactéries.

Lorsque certaines bactéries disposent d'un excès de sucre ou d'huiles végétales, elles stockent naturellement de l'énergie sous forme de minuscules granules de PHA à l'intérieur de leurs cellules. Les ingénieurs récupèrent ensuite cette matière, la purifient puis la transforment en granulés utilisables comme n'importe quel plastique industriel.

Le matériau peut être moulé, extrudé ou imprimé en 3D. Il résiste à l'eau, aux graisses et à de nombreux produits chimiques tout en restant biodégradable, même en milieu marin, sans laisser de microplastiques persistants.

Ses applications sont déjà nombreuses, citons des sutures chirurgicales et implants temporaires en médecine, des emballages alimentaires, des films agricoles qui n'ont plus besoin d'être retirés des champs, des capsules de café, des flacons cosmétiques, des objets imprimés en 3D et même certains composants automobiles.

Parmi les entreprises les plus avancées figure la société américaine Danimer Scientific, qui produit des résines PHA destinées à l'industrie alimentaire et aux biens de consommation. En Chine, Bluepha développe une production industrielle à grande échelle à partir de fermentation bactérienne. Au Japon, Kaneka commercialise déjà son biomatériau Green Planet, utilisé dans plusieurs applications où la biodégradabilité est essentielle.

Pourquoi est-ce important pour chacun d'entre nous? Parce que chaque emballage capable de disparaître naturellement sans générer de pollution plastique persistante représente une réduction potentielle des déchets qui s'accumulent aujourd'hui dans les océans, les sols et parfois même dans notre organisme.

Les chercheurs travaillent désormais à augmenter la production, à réduire les coûts et à améliorer les propriétés mécaniques afin que ces plastiques bactériens puissent remplacer progressivement une partie des polymères pétrochimiques utilisés au quotidien.

DAEDALO

Les plus grandes révolutions ne commencent pas toujours dans une usine. Parfois, elles naissent simplement à l'intérieur d'une bactérie.

Sources 2026

Kaneka Corporation (Green Planet)

Danimer Scientific

Bluepha

European Bioplastics

Nature Reviews Materials

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