Publié le 1 août 2026 à 08:00 · Publication originale
Depuis des décennies, les analyses de sang s'intéressent surtout à leur quantité, à leur taille ou à leur concentration en hémoglobine.
Mais plusieurs équipes de recherche estiment que le véritable indice pourrait se trouver ailleurs, dans leur capacité à se déformer.
Un globule rouge mesure environ huit micromètres de diamètre. Pourtant, pour apporter de l'oxygène à tous nos tissus, il doit traverser des capillaires parfois deux fois plus étroits que lui.
S'il y parvient, c'est parce que sa membrane est extraordinairement souple. Elle se plie, s'étire puis retrouve immédiatement sa forme initiale, des millions de fois au cours de sa vie.
Cette propriété est indispensable à notre survie. Or, de nombreuses maladies modifient cette élasticité bien avant que les analyses sanguines classiques ne deviennent anormales.
Une inflammation chronique, un diabète débutant, certaines maladies cardiovasculaires, la drépanocytose ou encore un sepsis peuvent rendre les globules rouges plus rigides. Ils circulent alors moins facilement dans les plus petits vaisseaux, ce qui réduit progressivement l'apport d'oxygène aux organes.
Le défi consiste donc à mesurer cette rigidité avec précision. Grâce à des puces microfluidiques reproduisant les dimensions des capillaires humains, les chercheurs observent désormais la manière dont chaque globule rouge se déforme sous l'effet du flux sanguin. D'autres utilisent des techniques d'imagerie à très haute vitesse ou des pinces optiques capables d'exercer une force infime sur une cellule unique afin d'évaluer ses propriétés mécaniques.
Pourquoi cette approche suscite-t-elle autant d'intérêt? Parce qu'elle renseigne sur le fonctionnement réel des cellules, et non seulement sur leur apparence. Deux prises de sang peuvent présenter exactement le même nombre de globules rouges, alors que leur comportement mécanique est profondément différent.
Des équipes de l'Institut Max Planck for Medical Research, de la Charité - Universitätsmedizin Berlin, de l'Université de la Sarre et de l'INSERM explorent actuellement ces technologies afin d'améliorer le dépistage précoce de plusieurs maladies et de suivre leur évolution avec une sensibilité inédite.
Nous sommes encore au stade de la recherche clinique, mais la médecine découvre progressivement qu'une cellule ne raconte pas seulement son histoire par ce qu'elle contient. Elle la raconte aussi par sa manière de se déformer.
RIGOLETTO
La force du vivant ne réside pas toujours dans sa résistance. Elle se révèle souvent dans sa capacité à rester souple face aux contraintes.
Sources 2026
Nature Biomedical Engineering
Advanced Science
Charité - Universitätsmedizin Berlin
Institut Max Planck for Medical Research
INSERM
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