Publié le 14 août 2026 à 07:00 · Publication originale
Le dispositif s'appelle "PRIMA". Il vise l'atrophie géographique, forme avancée de DMLA dans laquelle les photorécepteurs de la macula meurent progressivement. Certaines cellules nerveuses situées derrière eux restent capables de transmettre une information au cerveau. PRIMA tente donc de remplacer les photorécepteurs disparus par de l'électronique.
Le système ressemble davantage à une technologie spatiale qu'à une prothèse classique. Le patient porte des lunettes équipées d'une caméra. L'image est transformée puis projetée vers l'œil sous forme de lumière proche infrarouge. Les 378 pixels photovoltaïques de l'implant convertissent cette lumière en impulsions électriques qui stimulent les neurones rétiniens survivants. Aucun câble ne traverse l'œil, la puce produit elle-même son courant grâce à la lumière reçue.
L'expérience clinique "PRIMAvera" a été menée dans 17 centres européens, notamment au "Moorfields Eye Hospital" de Londres et à l'Université de Bonn. Trente-huit patients atteints d'atrophie géographique sévère ont reçu l'implant. Après douze mois, 26 des 32 patients évalués avaient gagné au moins deux lignes sur les tests d'acuité visuelle. L'amélioration moyenne atteignait environ cinq lignes et un patient en a gagné presque douze. Certains sont redevenus capables de lire des lettres et des mots.
L'anecdote la plus extraordinaire est peut-être ce qui se passe après l'opération. Les patients ne voient pas immédiatement comme auparavant. Ils doivent apprendre à interpréter cette nouvelle information visuelle. Le cerveau découvre progressivement un alphabet électrique qu'il n'avait jamais rencontré.
Et PRIMA ne remplace pas toute la vision. L'implant produit une vision centrale artificielle tandis que la vision périphérique naturelle restante peut être conservée. L'étude n'a d'ailleurs observé aucune diminution moyenne significative de cette acuité périphérique naturelle après implantation.
Ce n'est donc pas encore l'œil bionique de la science-fiction. Mais une frontière vient d'être franchie: une zone de rétine ayant perdu ses photorécepteurs peut recevoir une information visuelle artificielle suffisamment précise pour permettre à certains patients de recommencer à lire.
Une puce ne se contente plus d'aider l'œil à voir, elle commence à prendre la place de cellules qui ne voient plus.
LUCIA
Lorsque la lumière disparaît d'un organe, l'ingéniosité humaine cherche désormais un autre chemin pour la faire parvenir au cerveau.
Sources 2026
The New England Journal of Medicine
Moorfields Eye Hospital
University of Bonn
Science Corporation
Stanford Medicine
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