Corpus VOCE · 16 août 2026

Posez deux personnes devant la même molécule odorante et vous pourriez obtenir deux mondes différents.

L'androstenone en fournit une démonstration spectaculaire. Cette molécule présente notamment dans la transpiration humaine, certaines viandes et même les truffes peut évoquer pour certains une odeur désagréa…

VOCE Association09:00Archive canonique
VOCE

Publié le 16 août 2026 à 09:00 · Publication originale

L'androstenone en fournit une démonstration spectaculaire. Cette molécule présente notamment dans la transpiration humaine, certaines viandes et même les truffes peut évoquer pour certains une odeur désagréable de sueur ou d'urine. D'autres la décrivent comme douce ou florale. Et certains ne sentent absolument rien.

La différence se cache en partie dans nos gènes.

Notre nez possède plus de 300 types de récepteurs olfactifs fonctionnels. Une odeur n'active généralement pas un seul récepteur, mais une combinaison qui forme une sorte de code. Or les gènes produisant ces récepteurs varient entre individus. Pour l'androstenone, des variantes du récepteur OR7D4 modifient fortement la sensibilité et même le caractère agréable ou désagréable de l'odeur.

La coriandre offre une anecdote plus facile à tester à table. Pour certains, elle est fraîche et citronnée. Pour d'autres, elle rappelle franchement le savon. Une étude portant sur plus de 14.000 personnes a identifié une association avec une région du chromosome 11 contenant plusieurs gènes de récepteurs olfactifs, dont OR6A2, sensible à certains aldéhydes présents dans la coriandre. La génétique n'explique pas tout, mais elle participe au phénomène.

Plus étrange encore, notre nez n'est pas condamné à son programme initial.

Dès 1989, des chercheurs avaient exposé régulièrement à l'androstenone vingt personnes qui ne la percevaient pas. Dix finirent par la détecter. Une étude publiée en 2025 a repris l'expérience à plus grande échelle: après environ huit semaines d'entraînement olfactif, des participants initialement incapables de sentir cette molécule amélioraient significativement leur seuil de détection.

Autrement dit, lorsque quelqu'un affirme qu'une pièce sent fort et que vous ne sentez rien, il ne possède pas nécessairement un meilleur nez.

Son cerveau et ses récepteurs peuvent littéralement recevoir un autre monde chimique.

Nous pensions partager le même air.

Nous ne partageons même pas toujours les mêmes odeurs.

VIOLETTA

Le réel n'est peut-être pas seulement ce qui nous entoure, mais ce que notre corps nous permet d'en percevoir.

Sources

Nature
Chemical Senses
Springer Nature
PNAS
IBRO Neuroscience Reports

#Odorat #Génétique #Neurosciences #Cerveau #Perception #Coriandre #Science #CorpsHumain #VOCEASSOCIATION

Faire découvrir cette publication

Partager cette recherche, ses sources et sa version intégrale.

#VOCEAssociation #Research #Culture #Science

LinkedIn Facebook

VOCE Academy

Continuer

← Un patient atteint de Parkinson marche dans un couloir. Ses pas raccourcissent, deviennent irréguliers, puis le mouvement se bloque. On lui demande alors quelque chose d'étrange: chanter une chanson dans sa tête tout en avançant.
Vous téléphonez à votre meilleur ami. Puis, trente secondes plus tard, votre employeur vous appelle. Sans y penser, quelque chose change. Votre débit, votre hauteur vocale, vos pauses, votre articulation, parfois même votre accent ne sont déjà plus exactement les mêmes. →

Ce texte appartient au corpus pédagogique et éditorial de VOCE Association. Lecture, découverte et citation sont publiques; les droits sur le texte et le corpus restent détenus par VOCE Association, sauf mention contraire. Droits du corpus.