Corpus VOCE · 22 août 2026

Un Italien de 37 ans raconte aux chercheurs la décision professionnelle qu'il voudrait pouvoir reprendre.

Il est devenu senior manager.

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Publié le 22 août 2026 à 09:00 · Publication originale

Il est devenu senior manager.

Sur le papier, rien d'un échec.

Pourtant, lorsqu'il remonte le fil de sa carrière, son regret porte sur un moment précis: avoir quitté le monde académique.

Son témoignage appartient à une étude européenne publiée fin 2025. Claire Schulze Schleithoff, Evgenia Lysova, Svetlana Khapova et Konstantin Korotov ont interrogé 43 professionnels, âgés en moyenne de 43 ans. Britanniques, Italiens, Belges, Allemands, Néerlandais, Autrichiens, Portugais...

Ils cherchaient à comprendre comment une décision devient un regret.

Et leur réponse est beaucoup moins évidente qu'elle n'en a l'air.

Une mauvaise décision ne suffit pas.

Parmi les 27 professionnels longuement interrogés, tous avaient rencontré des difficultés dans leur carrière. Pourtant, seuls 16 parlaient de regret.

Ce qui les distinguait n'était donc pas l'accident.

C'était ce qu'ils avaient fait ensuite.

Le regret s'installait particulièrement lorsque la personne percevait une perte, se sentait piégée et cessait progressivement d'agir. Les chercheurs parlent d'"inaction professionnelle". Derrière ce terme assez froid se cache une expérience familière: rester encore un an, puis deux, parce que changer devient plus compliqué à mesure que le temps passe.

Un Néerlandais de 48 ans regrettait précisément d'être resté trop longtemps dans la même organisation. Un Belge de 48 ans évoquait le secteur choisi et la carrière internationale qu'il n'avait pas menée. L'Italien, lui, regardait vers l'université quittée.

Trois vies différentes, même mécanique.

Nous imaginons volontiers que nos grands regrets naissent le jour où nous prenons une mauvaise décision.

L'étude suggère quelque chose de plus dérangeant.

Ils peuvent naître beaucoup plus tard.

Non pas lorsque nous prenons la mauvaise route, mais lorsque nous découvrons qu'elle ne nous convient plus et continuons pourtant à la suivre.

Cela change la manière de regarder certaines phrases ordinaires.

"Encore une année."

"Ce n'est plus le moment."

"J'ai déjà trop investi."

Elles ressemblent à des explications raisonnables.

Elles peuvent aussi être le bruit presque imperceptible d'une autre vie qui s'éloigne.

MARGHERITA

Nous craignons les décisions qui changent une vie. Peut-être devrions-nous parfois davantage craindre celles que nous ne prenons plus.

Sources

Career Development International, 2025
Vrije Universiteit Amsterdam
ESMT Berlin

#VOCEASSOCIATION #Psychologie #Regret #Choix #Carrière #ViesPossibles

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