Corpus VOCE · 24 août 2026

À Londres, des chercheurs font passer 50 cyclistes masculins compétitifs sous un appareil DXA. Ils mesurent leurs os, leur alimentation, leurs dépenses énergétiques et prélèvent leur sang.

Ces hommes ne ressemblent pas à des malades. Ils roulent beaucoup, sont minces et entraînés. Pourtant, Richard Keay, Gavin Francis et leurs collègues découvrent quelque chose d'inattendu.

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Publié le 24 août 2026 à 14:00 · Publication originale

Ces hommes ne ressemblent pas à des malades. Ils roulent beaucoup, sont minces et entraînés. Pourtant, Richard Keay, Gavin Francis et leurs collègues découvrent quelque chose d'inattendu.

Chez 28% des cyclistes, l'énergie disponible est insuffisante. Et 44% présentent une densité minérale anormalement basse au niveau des vertèbres lombaires. Chez les dix hommes exposés durablement au déficit énergétique, la testostérone est significativement plus basse.

Le détail important se trouve dans le mot "disponible".

Un sportif peut manger 3.000 calories et néanmoins manquer d'énergie. Les physiologistes retirent de l'apport alimentaire ce que l'entraînement a coûté. Avec ce qui reste, l'organisme doit encore entretenir les os, fabriquer des hormones, réparer les tissus et assurer les fonctions reproductives.

En Norvège et au Danemark, Monica Klungland Torstveit et ses collègues examinent 53 cyclistes, triathlètes et coureurs masculins. Ceux présentant les signes les plus marqués de dépendance à l'exercice ont aussi un bilan énergétique plus négatif et davantage de cortisol.

C'est là que notre vieille culture sportive se trompe.

Pendant des décennies, l'aménorrhée a fourni chez les sportives un signal spectaculaire: lorsque l'énergie devenait insuffisante, les règles pouvaient disparaître. Chez l'homme, aucun événement mensuel ne rend le phénomène aussi visible.

Alors Anthony Hackney a regardé ailleurs: la sexualité.

Son équipe interroge 1.077 hommes pratiquant l'endurance. Ceux qui s'entraînent aux intensités les plus faibles ont 6,9 fois plus de chances d'appartenir au groupe à libido normale ou élevée que ceux qui s'entraînent le plus intensément. Pour les durées les plus courtes, le rapport atteint 4,1.

Puis viennent les marathoniens. Parmi plus de 1.000 coureurs, ceux préparant les 42,2 kilomètres affichent un score de libido environ 20% inférieur aux autres pratiquants d'endurance.

À Bratislava, Martin Cupka et Milan Sedliak ont depuis rassemblé les travaux sur ces "hungry runners": lorsque l'énergie manque durablement, testostérone, métabolisme et fonction reproductive peuvent diminuer.

Voilà ce qu'un miroir de salle de sport ne montre pas.

Un homme peut devenir plus sec, plus endurant, plus impressionnant et simultanément disposer de moins d'énergie pour son désir.

La libido pourrait donc être l'un des tableaux de bord silencieux de l'entraînement.

ACHILLE

Les Grecs sculptaient l'athlète nu. Ils avaient peut-être compris qu'un corps ne se résume jamais à ses muscles.

Sources

Medicine & Science in Sports & Exercise
British Journal of Sports Medicine
European Journal of Translational Myology

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