Corpus VOCE · 29 août 2026

Dans une salle du Hospital Universitario Virgen de las Nieves, le gynécologue Ángel Santalla regarde un fibrome apparaître sur l'écran d'une échographie.

Il ne va ni ouvrir l'abdomen, ni retirer l'utérus, ni même extraire la tumeur.

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Publié le 29 août 2026 à 17:00 · Publication originale

Il ne va ni ouvrir l'abdomen, ni retirer l'utérus, ni même extraire la tumeur.

Guidée par l'image, une fine électrode traverse la paroi vaginale et pénètre directement dans le fibrome. Elle délivre de l'énergie par radiofréquence. La température augmente localement, les cellules sont détruites.

Puis l'électrode ressort.

Le fibrome, lui, reste dans le corps.

C'est peut-être le détail le plus déroutant de cette technique. Le traitement ne consiste pas à enlever la masse, mais à la rendre biologiquement inactive. Dans les mois suivants, l'organisme en résorbe progressivement une partie.

En 2026, Ángel Santalla-Hernández, Mariña Naveiro-Fuentes et leurs collègues publient les résultats de 393 femmes traitées entre 2021 et 2024 dans onze établissements espagnols, notamment à Grenade, Madrid, Pampelune, Málaga, Murcie, Carthagène, Almería, Saragosse et Las Palmas.

Au départ, le volume moyen des fibromes est de 35,2 cm³.

Douze mois plus tard: 12,2 cm³.

Une réduction de 65,3%.

Derrière ce résultat se trouve aussi une histoire de transmission médicale. Virgen de las Nieves organise des formations à la radiofréquence depuis 2019. En novembre 2023, l'hôpital annonçait sa 38e session et plus de 150 gynécologues formés, venus notamment d'autres pays européens.

Lors de ces formations, les médecins travaillent notamment avec des systèmes de radiofréquence STARmed. Sous échographie, l'opérateur doit placer l'électrode dans le fibrome avec suffisamment de précision pour chauffer la cible tout en préservant les tissus voisins.

Et Grenade expérimente déjà l'étape suivante.

En février 2026, Virgen de las Nieves est devenu le premier hôpital public d'Andalousie à introduire l'ablation de fibromes par micro-ondes. Ángel Santalla et María Cortés Fuentes avaient alors traité quatre premières patientes. L'objectif est notamment d'étendre l'approche à certaines lésions plus volumineuses et à des cas d'adénomyose focale.

Un fibrome peut provoquer hémorragies, anémie, douleurs, compression pelvienne ou problèmes de fertilité. Pendant longtemps, traiter une masse signifiait essentiellement l'extraire par myomectomie ou, dans certains cas, retirer l'utérus par hystérectomie.

À Grenade, une autre logique entre dans le bloc opératoire.

La tumeur n'a pas nécessairement besoin de sortir du corps pour cesser d'y faire des dégâts, quelques millimètres d'électrode suffisent à condamner plusieurs centimètres de tissu.

VIOLETTA

La médecine devient plus élégante lorsqu'elle apprend à intervenir sans emporter ce qui peut être préservé.

Sources 2026

Journal of Minimally Invasive Gynecology

Hospital Universitario Virgen de las Nieves

Universidad de Granada

STARmed

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