Publié le 30 août 2026 à 14:00 · Publication originale
Dans quelques années, un terrain situé à une cinquantaine de kilomètres de Paris pourrait consommer autant d'électricité qu'une grande ville.
Il accueillera des dizaines de milliers de processeurs destinés à entraîner et faire fonctionner des intelligences artificielles.
Puissance prévue: jusqu'à 1,4 gigawatt.
Le projet associe Bpifrance, Mistral AI et NVIDIA. Mais un quatrième nom mérite d'être retenu.
MGX.
Ce fonds d'investissement d'Abu Dhabi n'existait pas encore au début de 2024.
Deux ans plus tard, son premier fonds rassemble 49 milliards de dollars d'engagements. Son portefeuille couvre déjà les différentes couches de l'intelligence artificielle: semi-conducteurs, centres de données, modèles et logiciels.
En France, l'expérience devient presque physique.
En mai 2025, MGX, Bpifrance, Mistral AI et NVIDIA annoncent leur coentreprise pour construire ce qui doit devenir le plus grand campus européen consacré à l'IA.
Un an plus tard, ils changent déjà d'échelle.
En juin 2026, Bpifrance, Mistral et MGX annoncent un deuxième site et visent désormais jusqu'à 3 gigawatts de capacité de calcul répartie en France.
Abu Dhabi ne parie donc pas seulement sur une entreprise française susceptible de réussir.
Il investit dans la machine dont auront besoin les entreprises françaises pour faire de l'IA.
La différence est considérable.
MGX a également investi à plusieurs reprises dans OpenAI, participé au financement d'Anthropic et rejoint un consortium qui a acquis Aligned Data Centers en juillet 2026. Valeur d'entreprise: environ 40 milliards de dollars. Aligned exploite et développe les bâtiments capables d'accueillir les immenses puissances de calcul exigées par l'IA.
Derrière MGX se trouve une stratégie plus ancienne.
Mubadala, autre investisseur souverain d'Abu Dhabi, gérait 385 milliards de dollars fin 2025. Cette année-là, il a déployé 39 milliards, notamment dans l'IA, les infrastructures de calcul, l'énergie, les réseaux numériques et l'industrie avancée.
Voilà l'information importante pour un lecteur français.
Nous parlons beaucoup de "souveraineté numérique" comme d'une question de logiciels, de réglementation ou de nationalité des entreprises.
Mais une IA a besoin de puces, de bâtiments, d'électricité, de refroidissement et de milliards immobilisés avant de produire le premier résultat.
Celui qui finance ces couches ne possède pas nécessairement l'intelligence qui circulera dessus.
Il possède quelque chose de plus discret: une place dans son économie.
Lorsque vous entendrez désormais qu'une technologie est "française" ou "européenne", regardez une ligne plus bas.
Qui finance les machines?
WOTAN
On reconnaît parfois le prochain centre de pouvoir avant qu'il gouverne quoi que ce soit: il est déjà en train de payer les fondations.
Sources
MGX, 2025-2026
Mubadala, Annual Review 2025
Présidence de la République, 2025
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