Publié le 31 août 2026 à 08:00 · Publication originale
Dans un scanner IRM, des membres de couples découvrent des jugements positifs ou négatifs formulés sur eux-mêmes et leur partenaire.
Shanshan Ma, Erin Maresh, Jessica Andrews-Hanna et leurs collègues construisent une situation inhabituelle. Parfois, seul le partenaire reçoit un jugement. Parfois, les deux sont concernés simultanément. Les informations peuvent même se contredire: quelque chose de négatif sur soi apparaît lorsque quelque chose de positif concerne la personne aimée.
L'étude, publiée en juillet 2026 dans Communications Psychology, porte sur 131 adultes issus de 71 couples.
Lorsque l'information concerne seulement le partenaire, plusieurs régions associées au traitement social et empathique réagissent, notamment l'insula antérieure et le cortex cingulaire antérieur dorsal.
Puis les chercheurs font entrer le soi dans l'expérience.
Le participant reçoit une information négative sur lui-même tandis que son partenaire reçoit une information positive.
La réaction à ce qui arrive au partenaire diminue.
Le cerveau doit gérer deux événements sociaux concurrents. Les chercheurs observent davantage d'activité dans des régions frontopariétales impliquées dans le contrôle cognitif.
Votre partenaire rentre avec une excellente nouvelle le soir où votre candidature est refusée. Il obtient une promotion pendant que votre travail traverse une crise. Quelque chose de merveilleux lui arrive précisément lorsque vous avez le moins de ressources pour le recevoir.
Nous aimons imaginer l'empathie comme une qualité stable: quelqu'un serait attentif, généreux, capable de se réjouir pour l'autre.
L'expérience rend cette certitude moins confortable.
Notre disponibilité envers la personne aimée dépend aussi de ce que notre cerveau doit traiter au même instant.
Les chercheurs observent même une différence entre individus. Ceux qui répondent davantage à l'information positive concernant leur partenaire malgré une information négative sur eux-mêmes présentent certaines réponses cérébrales associées à moins de difficultés de régulation émotionnelle et davantage de soutien rapporté par leur partenaire.
Voilà une compétence conjugale dont on parle rarement.
Laisser une bonne nouvelle appartenir pleinement à l'autre lorsqu'une mauvaise vient de nous appartenir.
Le prochain "tu n'as même pas l'air heureux pour moi" mérite peut-être qu'on regarde aussi ce qui vient d'arriver.
Deux émotions peuvent entrer ensemble dans une pièce. Le cerveau ne leur offre pas toujours la même place.
Et c'est là que l'expérience attaque une idée beaucoup plus large: aimer profondément quelqu'un ne nous rend pas automatiquement disponible à son bonheur.
Parfois, il faut encore réussir à lui faire de la place.
MIMÌ
L'amour se mesure aussi aux jours où le bonheur de l'autre arrive au mauvais moment.
Source 2026
Ma, Maresh
Coppola et al.
Communications Psychology
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