Publié le 1 septembre 2026 à 12:00 · Publication originale
Mary Leakey découvre un crâne presque complet vieux d'environ 1,8 million d'années.
Catalogué OH 5, il possède d'immenses pommettes, une crête osseuse où s'ancraient de puissants muscles masticateurs et des molaires plusieurs fois plus grandes que les nôtres.
On le surnomme "Zinj".
Son espèce sera appelée Paranthropus boisei.
Le crâne devient célèbre, mais le reste de l'animal demeure mal connu. Les os du squelette attribuables avec certitude à cette espèce sont rares.
En 1978, Kay Behrensmeyer, du Smithsonian, découvre des empreintes fossiles à GaJi10, près du lac Turkana au Kenya. Après les premières recherches, le site est recouvert de sable pour le protéger.
Des équipes y retournent en 2016 puis en 2023.
Elles dégagent 21 empreintes laissées par huit individus sur la même surface humide il y a environ 1,43 million d'années.
Kevin Hatala, de Chatham University et du Max Planck Institute for Evolutionary Anthropology, et ses collègues analysent leurs dimensions, la forme des pieds et la démarche. Leur étude publiée dans PNAS attribue les traces à Paranthropus boisei.
Certains individus approchaient 1,80 m et 75 kg.
Paranthropus pouvait donc atteindre des dimensions comparables à Homo erectus, qui vivait en Afrique orientale à la même époque.
Les huit individus ont marché dans la même direction. Plusieurs étaient probablement des adultes mâles.
Les chercheurs envisagent qu'ils aient pu se déplacer ensemble. Ils comparent avec prudence cette configuration à certains groupes de mâles observés chez les gorilles actuels. Vingt et une empreintes ne permettent toutefois pas de reconstituer leur organisation sociale.
La surface de GaJi10 porte également des traces d'hippopotames, d'antilopes et d'oiseaux.
Il y a 1,43 million d'années, plusieurs Paranthropus avançaient donc dans ce paysage alors qu'un autre hominine, Homo erectus, occupait la même région.
Pendant des décennies, les reconstitutions ont dû donner un corps au célèbre crâne de Zinj avec très peu d'éléments.
Les empreintes du Turkana fournissent enfin une mesure prise sur des individus en mouvement.
Certains mesuraient près de 1,80 m.
Et huit d'entre eux ont traversé le même endroit ensemble.
ENEA
Notre préhistoire n'était pas une succession d'ancêtres. Plusieurs formes humaines ont longtemps partagé le même monde.
Sources 2026
Proceedings of the National Academy of Sciences
Smithsonian National Museum of Natural History
Chatham University
Max Planck Institute for Evolutionary Anthropology
Kevin Hatala • Kay Behrensmeyer et al.
27 juillet 2026
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